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Sur la route de Jostein

Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle

28 Janvier 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Bande Dessinée

jerusalemTitre : Chroniques de Jérusalem

Auteur : Guy Delisle

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 334

Date de parution: novembre 2011

 

Présentation de l'Editeur :

Guy Delisle et sa famille s’installent pour une année à Jérusalem. Pas évident de se repérer dans cette ville aux multiples visages, animée par les passions et les conflits depuis près de 4000 ans. Au détour d’une ruelle, à la sortie d’un lieu saint, à la terrasse d’un café, le dessinateur laisse éclater des questions fondamentales et nous fait découvrir un Jérusalem comme on ne l’a jamais vu.

 

 

 

Mon avis :

J'avais beaucoup entendu parler de cette bande dessinée et le challenge Destination Israël fut l'occasion de découvrir ce graphiste canadien.
Ce qui m'a le plus frappé dans ce livre est l'opposition du côté naïf de l'auteur et la gravité des évènements. Derrière ce côté touriste et au travers d'anecdotes quotidiennes, l'auteur met en lumière l'absurdité, souvent inhumaine, de certains comportements.
Si Tahar Bekri ( voir ma chronique sur Salam Gaza) s'insurge, dénonce et s'émeut de l'oppression d'un peuple, Guy Delisle repère, au cours de ses ballades, les murs, les Check- points, les rues séparées par une ligne jaune, les colonies qui s'installent sur les territoires palestiniens, les bus différents pour juifs ou arabes.
Des petites phrases surviennent au milieu des conversations, et de manière très simple, des messages importants passent.
"Ils (les palestiniens) ont le droit de voter démocratiquement, mais ils doivent voter démocratiquement pour le parti qu'Israël à choisi."
" on paye les mêmes taxes qu'eux mais on n'y a pas droit." ceci en parlant de l'eau en été ou de la collecte des ordures.
Il ne fait que décrire ce qu'il vit, comme les contrôles à l'aéroport ou les différences de visite à Hébron suivant l'appartenance du guide.
Il "croque" ce qu'il voit, ce qui l'étonne. Il décrit les personnages qu'il rencontre, ne pose pas de jugements mais parvient parfaitement à les définir. Il sait saisir l'humour des situations, des réflexions.
"T'as vu même quand on est morts, ils nous surveillent."(croquis du mur autour du cimetière de Bethléem).
L'opération "plomb durci", attaque israélienne de décembre 2008, est relaté sans que l'auteur ne semble y prendre parti. Et pourtant, sa femme Nadège y travaille pour Médecins Sans Frontières. Car sa vision se veut  extérieure et très objective. Lors de son séjour, Guy s'efforce de parler avec toutes les personnes qu'il peut rencontrer, quelque soit leur religion.
Côté graphisme, je ne suis pas une spécialiste de la BD, mais le coup de crayon est très simple. J'aime beaucoup les petits croquis explicatifs, les petites flèches qui précisent. Là aussi, l'auteur souhaite avant tout éclairer le lecteur.
Il me semble que l'auteur a su utilisé l'art de la bande dessinée pour éclairer une situation géo-politique. Grâce à cet observateur candide, et malgré la légèreté du fond et de la forme, le lecteur perçoit très aisément la complexité et la gravité de la situation.

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