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Sur la route de Jostein
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La réparation - Colombe Schneck

30 Octobre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Jury Elle 2013

schneckTitre : La réparation

Auteur : Colombe Schneck

Editeur : Grasset

Nombre de pages : 224

Date de parution : août 2012

 

Présentation de l'éditeur :

« Je me suis d'abord trompée.
Je me disais c'est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d'amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu'une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La petite Salomé, dont ma fille a hérité du beau prénom, mon arrière grand-mère, mes oncles et tantes, mes cousins, vivaient en Lituanie avant la guerre. Ils appartenaient à une communauté dont il ne reste rien. »

Que s'est-il vraiment passé dans le ghetto de Kovno en 1943 ? Et pourquoi cette culpabilité en héritage ?
Dans ce roman-vrai, Colombe Schneck remonte le temps et fouille les mémoires. Jusqu'à la découverte d'une vérité bouleversante.

Mon avis :

Lorsque Colombe Schneck met au monde sa fille en 2003, elle la nomme Salomé. Elle se souvient alors que sa mère Hélène lui avait demandé de joindre Salomé en second prénom, si, un jour, elle avait une fille pour rendre hommage à sa jeune cousine disparue dans les camps pendant le seconde guerre mondiale.

Colombe, peut-être, de crainte qu'une sombre malédiction plane sur le destin de sa fille va enquêter sur ce drame familial.

Mais le silence a toujours régné sur ce passé. Sa grand- mère Ginda et sa mère n'ont plus voulu en parler. Elle enquête alors en Israël auprès de Gila (sa tante) et aux États Unis auprès de Myriam la femme du frère de sa grand-mère) . Elle se rend en Lituanie sur le site de l'ancien ghetto de Kovno.

Elle veut comprendre pourquoi ces enfants, Salomé et Kalman ont disparu, comment leurs mères respectives, Raya et Macha, les sœurs de sa grand-mère ont survécu et refait leur vie.

Ce récit est un hommage personnel à Salomé mais aussi au martyr des juifs lituaniens.

"95% des juifs lituaniens ont été tués."

" d'un côté, il y avait les Lituaniens, de l'autre les Juifs. Les juifs parlaient yiddish et russe, la langue de l'envahisseur."

Colombe Schneck nous révèle la raison qui a provoqué ce secret familial, le choix indicible qui m'a effectivement bouleversée. Même si on peut le comprendre, on ne peut s'empêcher de réfléchir à ce que nous aurions fait en pareille situation.

L'histoire est importante, l'hommage louable mais j'ai l'impression que l'auteur ne se sentait pas le droit de confesser cette histoire. À plusieurs reprises, elle met en doute son droit parce qu'elle vit dans un confort bourgeois. Du fait le style paraît hésitant. Il y a de nombreuses répétitions comme si l'auteur avait du mal à transcrire ce récit.

L'objectif est toutefois atteint car Colombe redonne vie à Salomé, explique et justifie le passé des trois sœurs Ginda, Raya et Mâcha même si le style semble maintenir un malaise.

" Macha et Ginda avaient toujours du mal à supporter ceux qui s'apitoient sur eux-mêmes. Ne crois pas que ce soit de la dureté, on a facilement une bonne raison d'être malheureux, mais on a aussi la possibilité de reconstruire."

" toujours choisir la vie, les enfants, l'avenir."   

Je remercie les Editions Grasset pour cette lecture.

 

rentrée 2012  babelio rentrée  plume


 


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L'ange du matin - Arni Thorarinsson

12 Octobre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Rentrée littéraire 2012

angeTitre : L'ange du matin

Auteur : Arni Thorarinsson

Editeur : Métailié

Nombre de pages : 310

Date de parution : 4 octobre 2012

 

Présentation de l'éditeur :

La postière, sourde et sans le sou, tuée a Akureyri, et le capitaliste de Reykjavik,"nouveau Viking" à la tête d'un portefeuille de millions en créances, n'ont aucun rapport. Pourtant le destin fait se croiser leurs chemins lorsque, malgré l'opposition du commissaire de police qui le déteste, Einar enquête pour son journal en perte de vitesse sur la disparition d'une petite fille. Einar, ironique et tendre, a rarement été confronté à un crime aussi complexe. Rien ne s'est passé comme le voulait la logique. Portrait caustique et désabusé de l'Islande contemporaine, ce roman témoigne de l'évolution rapide des moeurs et de la corruption des âmes. Le surprenant retournement final est dérangeant dans sa description de l'innocence perdue et de l'irréversibilité des changements de société. L'intrigue resserrée et bien menée entraîne le lecteur fasciné aux côtés de cet enquêteur à la fois nonchalant et lucide. Un roman passionnant, éclairant et terrifiant. Une vraie réussite.

Mon avis :

Ce que j'aime chez les auteurs de policiers nordiques, c'est le ton. Dès les premières pages, je me cale dans l'atmosphère parce que le narrateur est plaisant et complet. Il n'y a pas que l'enquête, il y a la vie des gens, les discussions entre amis, parents ou collègues.

De plus, l'intrigue est intéressante et bien menée. Nous sommes juste après la crise économique en Islande, lorsque les nouveaux Vikings, ces hommes d'affaires qui ont un peu abusé de la situation se retrouvent ruinés.

L'auteur construit un complexe écheveau d'intrigues. Il y a d'une part la mort de cette jeune factrice malentendante découverte par notre journaliste, Einar. Puis cette interview du richissime homme d'affaires, Ölwer qui amènera la disparition de sa petite fille, Margret Bara. Einar couvre ces différents sujets dans le journal où il travaille, Le journal du soir.

Sur ces deux enquêtes principales vient aussi se greffer une enquête personnelle d'une de ses collègues, Sigurbjörg, concernant un ancien chanteur de rock aujourd'hui sur la touche, Rikhardur Hansson.

Toutes ces recherches se mêlent habilement, avec le quotidien des personnages, si bien que vous ne pouvez plus lâcher le livre et que vous êtes complètement happés par le suspense.

Les personnages sont très bien analysés, les caractères se dévoilent. Ölwer, le père égoïste et avide de pouvoir et d'argent finit par craquer. Sa femme, en instance de divorce, lâche des vérités, meurtrie par le chagrin et perdue dans l'alcool. Mais ces sentiments mettent en évidence la décadence de cette classe pourrie par l'argent, la perte des valeurs de cette nouvelle société islandaise.

" Rien de ce que nous pouvons acquérir n'a plus de valeur que nos enfants. Sans eux, nous n'avons aucun avenir. J'avais perdu cette vérité essentielle et évidente."

" On se demande parfois si la seule chose qui unit cette nation ne se résume pas à un ensemble de signaux GSM, de conversations téléphoniques, de SMS, de photos ou de vidéos prises avec des portables, et je ne sais quoi encore. Qui a besoin de liens familiaux alors qu'il possède un portable?"

Einar est un personnage très attachant, naturel, plaisant et humain. Il a son humour, ses valeurs, ses coups de gueule, ses affinités et ses rivalités au sein de la police.

"- Derrière chaque grande fortune, il y a un grand crime, qui a dit ça?

- Je l'ignore, Hannes. On est lancés dans une nouvelle partie du Trivial Pursuit?

- Balzac, mon cher."

Voici donc un roman policier comme je les aime, riche, bien construit et humain.

Je remercie les Éditions metailié pour la découverte de ce roman.

 

2012ys   rentrée 2012    nordique

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Ce que cache ton nom - Clara Sanchez

10 Octobre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Rentrée littéraire 2012

sanchezTitre : Ce que cache ton nom

Auteur : Clara Sanchez

Editeur : Marabout

Nombre de pages : 443

Date de parution : septembre 2012

 

Présentation de l'éditeur :

Sandra, une jeune femme d'une trentaine d'années, a décidé de venir s'installer dans un village isolé de la côte est espagnole. Un peu paumée, Sandra - qui vient de quitter un emploi qu'elle détestait et un homme qu'elle n'aimait pas mais dont elle attend un enfant - ne sait pas quoi faire de sa vie. Alors qu'elle passe de longues heures sur la plage, perdue dans ses pensées, Sandra fait la connaissance des Christensen, un couple d'octogénaires norvégiens installés dans le village depuis des années. Rapidement, le lien qui unit Sandra à ce couple devient plus qu'une simple amitié. Ils la prennent sous leurs ailes, décident de l'aider et la traitent comme la petite-fille qu'ils n'ont jamais eue. Mais un vieil homme tout juste débarqué d'Argentine, Julian, va venir perturber cette union fragile. Il révèle en effet à Sandra qu'il est un survivant du camp de Mauthausen, et que les Christensen ne sont ceux qu'ils prétendent être. Donnant au départ que peu de crédit à l'histoire de Julian, Sandra, étudiant les allées et venues de Karin et Fredrik et considérant leurs silences, finit tout de même par considérer le couple de Norvégiens sous un nouveau jour. Mais elle ne réalise pas encore que la fin de son innocence met sa vie en danger.

Mon avis :

Pour ce roman, l'auteur a su allier une histoire capitale, la recherche d'anciens nazis et le souvenir des camps de concentration et une analyse fine de personnages. Plus que l'enquête, c'est l'évolution de la mentalité des uns et des autres qui est importante.

D'une part, la jeune Sandra est au départ une femme un peu perdue et naïve. Son état de future mère semble plutôt la déstabiliser puisqu'elle n'est pas vraiment éprise du père et ne trouve pas de travail intéressant. Même si elle loge temporairement dans la maison de sa soeur, elle est en rupture avec sa famille. Lorsqu'elle rencontre les Christensen à la plage, elle se laisse facilement prendre en charge par ce couple de grands-parents providentiels.

Julian, ancien républicain espagnol enfermé au camp de Mauthausen pendant la seconde guerre mondiale, renoue avec la haine et le désir de vengeance suite à un courrier de son ami Salvador. Tous deux ont fait partie du centre Mémoire et Action, engagé dans la chasse aux nazis. Julian était parvenu à construire une famille à Buenos Aires, mais il rejoint son ami en Espagne pour mettre un point final à sa vengeance avant de mourir.

L'auteur alterne les points de vue de Sandra et de Julian qui vont se rencontrer autour des Christensen. C'est alors une lente évolution de leurs personnages au fil des jours.

Sandra va perdre un peu de sa naïveté  et Julian va peut-être comprendre que la vie vaut mieux que le passé  auprès de cette jeune future maman. Julian devra faire un compromis entre les denières volontés de son ami Salva et la protection de la jeune Sandra.

Un vieillard et une femme enceinte à la tête d'une enquête dans ce milieu de bourreaux nazis ne peut pas donner un roman policier énergique mais le suspense et l'angoisse sont présents, plutôt dans le dernier tiers du livre lorsque Sandra parvient au coeur de la confrérie.

Quelques thèmes sous-jacents sont aussi bien traités comme la quête de l'éternelle jeunesse, par le biais de médicaments ou par la rencontre humaine. L'entretien entre Julian et Sebastian amorce des tentatives de justification, l'un garde son idéologie et l'autre sa haine.

" Je luttais pour un monde meilleur. Le monde progresse toujours grâce à un petit groupe d'hommes qui prend les rênes et guide les autres. Le peuple est incapable de savoir ce qu'il veut de lui-même."

Par contre, je déplore quelques incohérences dans le récit et les situations sont parfois étonnantes dans un tel milieu ce qui donne une fin un peu rapide.

La lecture n'en est pas moins agréable grâce au style fluide, à l'alternance des points de vue et aux évolutions des personnages en ce milieu trouble et angoissant.

Je remercie  logoMyBooxpour la découverte de cette auteur et la lecture de ce roman.

 

rentrée 2012   plume

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Le meilleur des jours - Yassaman Montazami

8 Octobre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Rentrée littéraire 2012

montazamiTitre : Le meilleur des jours

Auteur : Yassaman Montazami

Editeur : Sabine Wespieser

Nombre de pages : 138

Date de parution : 23 août 2012

 

Auteur :

Yassaman Montazami, qui vit en France depuis 1974, est née à Téhéran en 1971. Docteur en psychologie, elle a travaillé de nombreuses années auprès de réfugiés politiques et a enseigné à l’université Paris VII. Elle exerce actuellement en milieu hospitalier.

 

Présentation de l'éditeur:

Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l’écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l’immense chagrin causé par sa perte.
Né avant terme, condamné puis miraculé, l’enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz – en persan : « le meilleur des jours » –, un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux.
Envoyé en France pour y poursuivre des études qu’il n’achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l’Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chassés-croisés entre Paris et Téhéran donnent à l’auteur l’occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers : une épouse de colonel en fuite, fanatique d’Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d’Evin, et même un ancien chef d’entreprise devenu opiomane.
Évocation d’un monde aujourd’hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l’acuité de son trait.

Mon avis :

Après plusieurs lectures pesantes, Le meilleur des jours sera la meilleure lecture de la semaine dernière. C'est un court récit qui concentre humour et émotion tout en témoignant    De l'histoire de l'Iran.

Behrouz, ce qui veut dire "le meilleur des jours" en persan, ne devait pas survivre à sa naissance. Sa mère, Rosa, qui voulait avorter a ensuite tout tenter pour sauver le nourrisson trop faible. Est-ce cela qui fit de Behrouz un homme farfelu?

Élevé dans une famille qui vivait à l'occidentale, le jeune garçon s'attache plus facilement aux serviteurs. Ce qui l'amène à s'intéresser aux théories de Marx et à s'exiler en France pour étudier. Il sera un éternel étudiant, dépendant du financement de ses parents pour subvenir à ses besoins et ceux de sa famille.

En 1997, à la suite de l'élection du président réformateur Mohammad Khatami, il quitte Paris et sa femme pour retourner en Iran.

Par ce roman autobiographique, Samanou évoque ce père, éternel adolescent, ses frasques, ses rencontres, ses convictions, tout en brossant un bref aperçu de l'histoire de l'Iran. Il y a des personnages cocasses comme Shafi Khanoun, cette femme de colonel réfugiée à Paris, des amis brisés par les régimes politiques iraniens comme Bijan, un ami maoïste arrêté et torturé. 

Et il y a surtout ce lien admirable entre la fille et le père. Samanou se remémore les meilleurs moments de son enfance pour mieux appréhender les derniers instants de son père.

C'est un premier roman court mais riche en émotion.

Je remercie club libfly pour l'attribution de ce roman dans le cadre de indés 

 

 

rentrée 2012  plume  Defi-PR1

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Le glacis - Monique Rivet

5 Octobre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

glacisTitre : Le glacis

Auteur : Monique Rivet

Editeur : Métailié

Nombre de pages : 131

Date de parution : janvier 2012

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

Laure a vingt-cinq ans lorsqu'au milieu des années 50 elle est nommée, en pleine guerre d'Algérie, professeur de lettres dans un lycée d'une petite ville de l'Oranais. Cette guerre, qu'elle ne comprend pas, la désoriente, puis lui fait horreur. Elle ne comprend pas davantage la société qu'elle découvre, une société cloisonnée où les conformismes se côtoient en toute hostilité et qu'elle choque par la liberté de ses réactions ; d'emblée elle s'y fait des ennemis, au point de se mettre en danger.
«Le temps où j'ai habité la ville était le temps de la violence. Le temps de ce que le langage officiel déguisait d'un intitulé pudique : les "événements", quand l'homme de la rue disait : la guerre. La guerre d'Algérie.
Ce pays, je ne lui appartenais pas, je m'y trouvais par hasard. J'y étais de guingois avec tout, choses et gens, frappée d'une frilosité à fleur de peau, incapable d'adhérer à aucun des mouvements qui s'y affrontaient. Cette guerre, je ne la reconnaissais pas, elle n'était pas la mienne. Je la repoussais de toutes mes forces. Si j'avais eu à la faire... - s'il avait fallu que je la fasse, aurais-je pu la faire aux côtés des miens ?»
Monique Rivet avait l'âge de Laure quand elle a écrit ce texte, vibrant, sobre et vital, témoin de son regard de femme très jeune sur une guerre que personne ne voulait reconnaître. Ce roman n'a jamais été publié auparavant.

Mon avis :

Ce roman est un témoignage différent sur  la guerre d'Algérie. Différent parce que ces évènements, comme il convient de les appeler, sont vus au travers des  yeux d'une jeune française envoyée comme professeur de français en Algérie. Déjà confrontée aux arrestations de la seconde guerre mondiale, elle comprend difficilement les interventions de l'armée française. Par bravade ou naïveté, elle s'engage sur des propos indicibles en cette période ou dans des rencontres dangereuses. Elle ne comprend pas les rancunes entre les différentes communautés et refuse la discrétion ou le choix d'un camp.

L'intérêt du livre est de jouer sur la naïveté  du personnage et le style léger du livre pour mettre en évidence ce climat malsain de persécution, de peur de la délation, de racket. Grâce aux personnages secondaires, la réalité est bien présente avec ce couple de professeurs inquiété pour une ancienne appartenance au communisme, avec le groupe de Felipe, Hocine et Tayeb appartenant au FLN ou avec Elena cette jeune médecin française qui a choisi le camp des militaires français.

Si j'ai apprécié cette façon toute en nuances de décrire le climat de l'époque, je n'ai pas vraiment adhéré au personnage de Laure. Idéaliste, elle ne semble pas remarquer que son inconscience peut porter ombrage aux gens qui l'entourent. Sa naïveté et sa méconnaissance des règles et de l'histoire du pays frôle parfois la bêtise.

J'ai lu ce roman en tant que jurée du océans

 

plume

 

 

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Manège - Rodrigo Rey Rosa

6 Septembre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Rentrée littéraire 2012

manege.jpgTitre : Manège

Auteur : Rodrigo Rey Rosa

Editeur : Gallimard

Nombre de pages : 152

Date de parution : 6 septembre 2012

 

Présentation de l'éditeur :

  Manège est un petit bijou, une oeuvre d’une efficacité et d’une simplicité prodigieuse, un récit qu’on engloutit d’une traite avec passion. Il nous raconte une enquête policière et littéraire autour d’un supposé accident : l’incendie qui vient interrompre abruptement la fête du quatre-vingt- huitième anniversaire d’un patriarche local, don Guido Carrión, et l’exhibition de plus beaux chevaux andalous de son haras.
Après l’incendie, le corps de Douro II, l’étalon aux cent mille dollars, l’un des animaux préférés de don Guido, est retrouvé carbonisé au fond des écuries du domaine de la famille Carrión, le domaine Palo Verde, une superbe propriété dans l’arrière-pays de la côte pacifique du Guatemala. Un avocat et un écrivain, qui ont assisté à la découverte du cadavre, vont mener l’enquête sur cet « accident » et au cours de leurs recherches, comme dans les meilleures tragédies grecques, ils vont nous montrer la face cachée d’une famille et d’un pays rongés par la violence et par le mal. Mais, comme toujours, l’essentiel est ailleurs, car, en réalité, ce roman est censé ne pas exister : l’avocat voudrais pousser l’écrivain à écrire un livre sur cette affaire, mais celui-ci, après avoir risqué sa vie à plusieurs reprises au cours de l’enquête, décide de ne pas l’écrire car il serait trop dangereux de le faire. Nous avons donc devant nous un objet paradoxal : un roman qui ne sera jamais écrit, ou qui n’a jamais été écrit, ou encore, qui ne peut plus être écrit aujourd’hui au Guatemala ou en Amérique latine…
Avec Manège, Rodrigo Rey Rosa atteint dans son oeuvre un niveau de réalisme sans précédent, qui ne doit rien au sang versé dans chaque chapitre. Plus subtile, la violence est partout, comme l’air que l’on respire, et elle devient de fait l’une des formes de la respiration naturelle du récit. Elle ne trouve plus d’explication ni de justification sociale ou politique : les riches et les pauvres, les jeunes et les anciens, les délinquants et les hommes les plus honnêtes, tous habitent désormais la maison de la violence avec un naturel que le roman nous fait sentir au plus profond de nous-mêmes. C’est pourquoi, à la fin, tout reste ouvert et la vie continue… dans la violence, bien entendu.
Un roman remarquable, sobrement et efficacement raconté avec une prose agile, toujours colorée d’un certain charme exotique.

Mon avis :

Le narrateur, écrivain, est le fils d'un ancien propriétaire de chevaux, celui qui importa le premier pur-sang d'Espagne au Guatemala. Invité avec son père à une représentation équestre dans le plus grand ranch de la région, il fait la connaissance de cette puissante famille guidée par le patriarche octogénaire, Don Guido. À cette occasion, il est témoin de l'incendie du box du plus cher cheval de l'écurie. Qui a tué ce superbe pur-sang?

Jésus Hidalgo, avocat et notaire, suggère au narrateur d'écrire un livre sur cette histoire et lui propose son aide pour lui fournir les détails. 

Ils vont tous deux enquêter sur le ranch et se retrouve au cœur d'un règlement de compte familial. L'auteur instaure alors une énigme complexe et une ambiance étouffante. Le patriarche et son fils, La Vieille sont autoritaires et sournois. Le petit fils rebelle veut reprendre son héritage. Mais la belle amazone allemande vient compliquer la situation familiale par ses relations avec les différents membres de la famille.

De cette expérience où il risque sa vie, l'écrivain aura-t-il le courage de  publier un récit?

J'ai apprécié l'intrigue, la confrontation des personnages et le contexte de ce monde un peu mafieux des grands propriétaires terriens. Il me semble toutefois que le ton souvent trop externe, le récit de cet observateur un peu froid et le manque de recul sur l’histoire familiale ne permettent pas au lecteur de s'investir avec intensité dans cette histoire. 

 

1795   rentrée 2012

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Taxi -Khaled Al Kamhissi - Challenge Destination Egypte

1 Septembre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

taxi.jpgTitre : Taxi

Auteur : Khaled Al Kamhissi

Editeur : Actes Sud

Nombre de pages : 189

Date de parution : 2009

 

Présentation de l'éditeur :

Portant chacune sur un aspect particulier de la vie sociale, économique ou politique en Egypte, ces cinquante-huit conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire composent un tableau fascinant de ce pays à un moment clé (avril 2005-mars 2006) du règne du président Hosni Moubarak - qui sollicitait alors un cinquième mandat. Tout y est : les difficultés quotidiennes de la grande majorité de la population, la corruption qui sévit à tous les échelons de l'administration, l'omniprésence et la brutalité des services de sécurité, le blocage du système politique, les humiliations sans fin que la population subit en silence, les ravages du capitalisme sauvage... Consignés en dialecte égyptien avec un humour décapant et une remarquable lucidité sociopolitique, ces échanges librement reconstitués par l'auteur, sinon inventés par lui, relèvent à la fois de la création littéraire et de l'enquête de terrain et frappent par leur ton prémonitoire : l'Egypte qui s'y dévoile a depuis connu une révolution dont la nécessité et l'imminence transparaissent à chaque page.

Mon avis :

Lors de son édition en France en 2009 chez Actes Sud, le livre de Khaled Al Khamissi a connu un vif succès et je n'avais pas eu le temps de le lire. Aussi, je profite de l'opportunité du challenge Destination Égypte pour rattraper cet oubli.

Et je ne le regrette pas car ces 58 conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire éclairent sur les conditions de vie en Égypte en 2005-2006 et annoncent inconsciemment les révolutions arabes récentes.

Qu'ils soient jeunes ou vieux, musulmans ou chrétiens, petits ou forts, ces chauffeurs mettent en évidence les aberrations des systèmes administratifs, la corruption et la misère montante des plus pauvres. Mais l'auteur salue ainsi leur courage car ils n'hésitent pas à faire plusieurs métiers, à travailler jour et nuit pour offrir le nécessaire à leur famille. Plus question de s'offrir un spectacle, une séance de cinéma, car même le lait, élément essentiel à la croissance est un produit de luxe.

Dans cette société familiale, la religion et l'éducation sont des priorités. Mais l'école publique est insuffisante et les familles doivent payer des cours particuliers supplémentaires.

" La question de l'enseignement et des cours particuliers est la priorité absolue des Égyptiens. Rien n'est aussi important, à part la course au pain quotidien."

Sous un style simple et un humour tendre ou caustique, l'auteur dénonce la politique de Moubarak, mais aussi l'attitude des américains.

"- Nous sommes devenus un peuple de mendiants. D'ailleurs, tu connais la dernière?

- Non

- Celui qui n'est pas allé en prison sous N'asservit n'ira jamais en prison, celui qui ne s'est pas enrichi sous Sadate ne s'enrichira jamais, et celui qui n'a pas mendié sous le règne de Moubarak ne mendiera jamais."

L'auteur réussit ainsi à nous éclairer sur la vie quotidienne en Égypte, tout en nous contant des tranches de vie emplies de peur, d'espoir, d'émotion et surtout d'humour.

 

Destination-Egypte

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En chute libre - Carl de Souza

10 Août 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

chuteTitre : En chute libre

Auteur : Carl de Souza

Editeur : Editions de l'Olivier

Nombre de pages : 314

Date de parution : janvier 2012

 

Présentation de l'éditeur :

Un grand roman mauricien. Jeremy Kumarsamy, champion de badminton de niveau international, revient, après une quinzaine d'années d'absence, dans son pays d'origine, ancienne colonie britannique présentant une étroite ressemblance avec l'île Maurice. Une chute aux lourdes conséquences pour lui (une amputation) et une grave atteinte à une autorité sportive (une agression physique) l'ont privé de sa liberté de mouvement. Reclus dans la maison et sous la "garde" de sa mère, il retrouve le fil de son enfance, de son adolescence, et surtout d'un parcours chaotique fait de drames familiaux, d'échecs personnels et de gloire sportive. Au gré de ses secrètes incursions dans la ville, il reconstitue tout ce qui a changé depuis l'indépendance : c'est durant son adolescence, au milieu des années 60, que son pays s'est libéré de la puissance coloniale anglaise, au prix d'émeutes qui ont coûté la vie à de nombreux insurgés et contre-insurgés (dont son propre père). Dans ce roman kaléidoscopique, se dessine le destin d'un jeune homme ambitieux, en butte aux turbulences politiques de son pays et aux enjeux d'un sport qui le dépassent. Proche d'écrivains comme V.S. Naipaul, Michael Ondaatje ou Rohinton Mistry (L'Equilibre du monde), Carl de Souza s'affirme ici comme l'un des grands romanciers francophones de l'Océan Indien.

Mon avis :

Jeremy a la forte ambition de devenir un champion de badminton. Mais sa manière d'y parvenir est assez chaotique peut-être, parce que comme moi en lisant ce livre, il n'identifie pas sa motivation.

Est-ce pour égaler ce père pourtant violent et haï dans cette île? Est-ce pour prendre une revanche sur les Anglais qui quittent l'île après tant d'années de colonisation? Est-ce pour retrouver cette passion du jeu que lui a communiqué sa tante?

Tout cela ne m'a pas semblé convaincant et je regrette que l'auteur n'ait pas davantage insisté sur les problèmes de l'Indépendance. Tout me semble superficiel. On assiste à des émeutes, on devine des rancunes mais rien ne semble décisif. De même, Jérémy rencontre des amies, mais aucune idylle ne semble le retenir. Ni Litchi, la jeune fille du camp Caroline qui l'entraîne dans les émeutes, ni Malliga qui le soutient à Londres, ni Heather, la joueuse anglaise ne parviennent pas vraiment à l'émouvoir.

De ce fait, je ne me suis pas du tout attachée aux personnages et je me suis ennuyée dans ce récit non linéaire qui vagabonde un peu trop. L'ambiance du livre est entachée par le mal être du personnage principal. J'ai trouvé le rythme assez lent me demandant où l'auteur voulait nous conduire. Sachant le narrateur handicapé, je m'attendais à lire une rage de vaincre, de revenir à sa passion du badminton puisée dans les méandres du passé et je n'ai trouvé que des errements superficiels d'un jeune homme qui ne se donne pas les moyens de son ambition.

J'ai lu ce livre dans le cadre du Prix Océans.

 

océans           

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Coup de coeur des Lecteurs Entrée Livre

8 Août 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Rentrée littéraire 2012

 

 

entree livre

 

Je fais partie  du panel des 24 lecteurs VIP qui participera à l’élection des coups de cœur des lecteurs.

 

Voici les livres que j'ai reçus pour cette opération :

 

100 2243             100 2244

 

Le vase où meurt cette verveine de Frédérique Martin

Pour seul cortège de Laurent Gaudé

La table des autres de Michael Ondaatje

Brèves passions au paradis de Claude Arnaud

Tous les diamants du ciel de Claro

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari

La convergence des alizés de Sébastien Lapaque

Prince d'orchestre de Metin Arditi

 

A partir du 31 août, Entrée Livre fera un bilan des lectures pour en dégager une tendance et donc faire apparaître les trois ouvrages que le panel aura le plus plébiscités.

L' information sera relayée sur Entrée Livre, au sein des newsletters et des réseaux sociaux.

 

A la mi-septembre, ces trois ouvrages seront disposés au sein des 9 libraires Decitre et présentés sous l’appellation Coups de cœur des Lecteurs d’Entrée Livre.

 

Rejoignez entree livre pour suivre dès maintenant les lectures du panel.

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Malta Hanina - Michel Rondeau

25 Juillet 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

maltaTitre : Malta Hanina

Auteur : DanielRondeau

Editeur : Grasset

Nombre de pages : 304

Date de parution : janvier 2012

 

Présentation de l'éditeur :

"Le destin m'a jeté dans une carrière qui n'était pas la mienne. Accroché au rocher maltais par mes lettres de créance, ouvrier de la diplomatie française sur une île perdue au milieu des eaux et du temps, j'ai vu tourner les saisons, et fleurir trois fois les orangers. Il y a longtemps que j'attendais d'avoir ma chaise au banquet méditerranéen. Jusqu'alors je n'étais qu'un oiseau de passage. Malte a tenu ses promesses. J'ai été accueilli, d'une certaine façon délivré, admis dans la confidence d'une vieille civilisation."

Daniel Rondeau raconte ce pays qu'il a vécu : Malte la généreuse (Malta Hanina), la catholique, la sémitique, nombril de la mer entre Sicile et Libye, entre Orient et Occident. Mais il parle aussi de la France, de l'Europe tentée par l'oubli, de sa vie d'écrivain. Jamais il n'a taillé autant de facettes pour faire un portrait.

Mon avis :

Daniel Rondeau est un écrivain, journaliste qui a connu de nombreux métiers et vécu dans diverses régions et pays. Malta Hanina est un hommage à l'île de Malte où il a vécu heureux trois ans comme Ambassadeur de France.

Pendant ces années, il a appris à connaître cette région, mélange d'Afrique et d'Europe. Ce sont d'abord les Chevaliers de Malte qui vont donner la marque à cette île issue de la péninsule Italie, Sicile, Malte.

" La majorité des chevaliers avait été français, comme la plupart des maîtres importants ( l'Isle-Adam, le Résurrecteur; La Valette, le résistant; Rohan, le Réformateur), mais le passage des siècles et de nos amis anglais en avaient effacé les traces." Bonaparte choisit l'île comme point de départ de sa conquête d'Egypte et détrôna les Chevaliers. Mais la misère qui s'en suivit donna la place aux Anglais.

L'histoire est intéressante mais largement décousue car l'auteur peut passer des Chevaliers à Cousteau puis lancer une anecdote sur Umberto Eco ou Milan Kundera pour revenir à Saint Paul puis Bonaparte. Entre temps, il nous fait part de sa découverte actuelle de lieux ou personnages importants de l'île. Certes, il témoigne de sa passion et du grand bonheur qu'il a vécu durant ce séjour. Les derniers chapitres sur l'immigration clandestine ou la Libye sont plus concrets et suivis.

"Mais aujourd'hui, Ulysse est noir et meurt en mer dans le silence des vagues, après des mois d'attente et de détresse."

" La main lourde des dictateurs étouffe depuis longtemps les peuples arabes."

Malta Hanina est un hommage qui aurait pu être très intéressant si l'auteur s'était donné un fil conducteur ce qui aurait permis au lecteur de mieux partager cette rencontre avec Malte.

 

J'ai lu ce roman dans le cadre du jury France Océans.

 

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