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Sur la route de Jostein
Articles récents

Soliloques de Pierre-Alain Gasse

2 Juin 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Nouvelles

soliloquesTitre : Soliloques

Auteur : Pierre-Alain Gasse

Editeur : Kirographaires

Nombre de pages : 156

Date de parution : mars 2012

 

 

Présentation de l'éditeur :

Quel rapport, direz-vous, peut-il bien y avoir entre un maître confronté à son chien, un conducteur face à une auto-stoppeuse bien jolie, un médecin d’ONG qui retrouve son amour de jeunesse, une veuve aux derniers jours de sa vie, un jeune criminel par amour et amitié, un punk en rupture de bans familiaux, un architecte rattrapé par le destin, un lâche confronté au handicap d’une jeune aveugle…?? Eh bien, à la diversité de ces situations répond une unité formelle?: dans chacune de ces nouvelles, l’auteur a tenté d’entrer dans la peau d’un personnage, qu’il a laissé s’exprimer. À trois reprises, il s’est agi de personnes connues, placées par l’adversité sous les feux de l’actualité. Qu’elles lui pardonnent cette liberté?! Enfin, il a repris la main, pour prolonger ou conclure ces “soliloques” dans le journal d’une jeune fille des années 70 et l’histoire d’un SDF, inspirée d’un fait divers.

 

Mon avis :

Ce qui m'a le plus marquée dans ce recueil de nouvelles, c'est l'aisance avec laquelle l'auteur se glisse dans la peau de son narrateur. Soliloques, ce sont treize nouvelles écrites à la première personne, des confessions d'un personnage. Mais que ce soit une jeune fille amoureuse, une vieille dame à l'agonie, un SDF, une prisonnière, un jeune de la rue, un fils abandonné, les sentiments paraissent toujours justes, pertinents. Chaque fois, je me suis fait la réflexion de la justesse de réaction.

Le style de l'auteur est d'une simplicité et d'une aisance qui donnent un ton de vérité supplémentaire. Certaines nouvelles ont des chutes inattendues comme pour Le journal secret d'Alexandra, In mémoriam, Le testament ou La fille qui dormait les yeux ouverts.

Ma nouvelle préférée est aussi la plus longue, Ad patres. Il y a tant d'émotions, de nostalgie dans les pensées de cette mamie affaiblie qui entre à l'hôpital. L'auteur alterne les pensées inquiètes de cette femme malade et ses souvenirs d'une vie, ses blessures d'enfant, de femme  et de mère. Là aussi, il y a une telle véracité dans la souffrance, la froideur de l'hôpital et la peine d'une famille que l'on est forcément ému.

En regroupant ces nouvelles écrites entre 1995 et 2010, l'auteur évoque les choses récurrentes de la vie comme l'amour, la filiation, le chômage, l'amitié mais aussi certains événements inattendus comme le coup de tête de Zidane lors de la coupe du monde de football en 2006, l'accident d'avion Charm El Cheik-Paris en 2004 ou l'emprisonnement d'une française  en Amérique du Sud.

Je recommande ce recueil de nouvelles pour son humanité, la véracité du ton et des sentiments exprimés. Plusieurs fois, j'ai pensé "oui, c'est tellement ça, c'est simplement vrai."

Je remercie CaptureTitreNB1 pour la découverte de cet auteur authentique.

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Les lois fondamentales de la stupidité humaine

18 Mai 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Documents

stupiditéTitre : Les lois fondamentales de la stupidité humaine

Auteur : Carlo M. Cipolla

Editeur : Presses Universitaires de France

Nombre de pages : 72

Date de parution : 2 mai 2012

 

Présentation de l'éditeur :

Comment évaluer l'impact de la stupidité humaine sur nos destins personnels et sur l'ensemble de la société ? Vaste question à laquelle l'historien Carlo Maria Cipolla décida en 1976 de répondre par un bref essai au ton éminemment scientifique.
Au ton et seulement au ton : car derrière la rhétorique académique se cache un texte désopilant, qui ressortit au genre « pseudo-scientifique », comme en son temps le célèbre Cantatrix Sopranica de Georges Perec, ou aujourd'hui les très sérieuses recherches de Jean-Baptiste Botul.
Diffusé en 1976 aux États-Unis sous la forme d'une édition limitée et numérotée, Les lois fondamentales de la stupidité humaine a été publié en italien en 1988 (dans un recueil générique intitulé Allegro ma non troppo), et pour la première fois dans sa langue originale, l'anglais, à l'automne 2011.

Mon avis :

Carlo M. Cipolla nous fait ici une superbe démonstration mathématique, graphique à l'appui et énonce les cinq lois fondamentales pour classer les êtres humains en quatre catégories : les intelligents, les bandits, les crétins et les stupides.

Le principe est simple. On porte sur l'axe horizontal la mesure du bien que l'on fait à soi-même et sur l'axe vertical celle que l'on porte à l'autre. Si je me procure un avantage au détriment d'un autre, je suis un bandit. Si les deux parties en tirent un avantage, on est dans le quart des intelligents et ainsi de suite.

Ainsi les militaires qui ont des actes destructeurs qui ne leur rapportent rien sont des gens stupides. L'auteur tient aussi ce raisonnement avec les politiques et certains électeurs.

Ce sont certes des raisonnements simplistes et épurés, mais ils permettent à l'auteur de manier l'ironie et la critique. Car il énonce qu'il y a autant de gens stupides dans chaque catégorie humaine, indépendamment de la race, de la nationalité, du sexe ou de la classe sociale. La stupidité existe même chez les Nobel.

La dernière loi extrapole le raisonnement au niveau de la société. Pour qu'une société soit en évolution, il faut augmenter la part des intelligents, des crétins et des bandits à tendance intelligente.

Ce petit fascicule fut une pause littéraire très agréable dans mon programme et je me suis amusée, comme le suggère l'auteur, à me définir sur ce graphique explicatif. Souvent les actes me définissent comme un crétin, mais je me suis rassurée en me positionnant sur la zone des crétins intelligents.

Laissez vous tenter par cet humour anglais et cette ironie légère.

Je remercie babelio et les Éditions PUF pour cette agréable récréation.

 


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Et ça vous fait rire?

17 Avril 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Bande Dessinée

dagssonTitre : Et ça vous fait rire?

Auteur : Hugleikur Dagsson

Editeur : Pocket

Nombre de pages : 192

Date de parution : novembre 2011

 

Auteur :

Né en 1977 en Islande, Hugleikur Dagsson est dessinateur, critique de film et chroniqueur à la radio. Il a aussi écrit trois pièces de théâtre. Il est surtout connu pour ses recueils de dessins d'humour noir. Et ça vous fait rire?, paru en 2009 chez Sonatine Editions, est un best-seller en Islande.

Présentation de l'éditeur:

Hugleikur Dagsson nous vient d'Islande. En Islande, la nuit dure dix-neuf heures l'hiver. En Islande, il n'y a pas de nuit l'été. En Islande, la boisson nationale est la " Black Death ". En Islande, le plat national est composé de viande de requin faisandée. En Islande, ce livre est un best-seller. En France, ce livre est en passe de devenir culte.

Mon avis :

Et çà vous fait rire?

Franchement, pas du tout...mais c'est peut-être l'objectif. Faire réfléchir par la transgression, le choquant.

Le prologue nous prévient de l'étrange goût du public islandais, fan de l'Eurovision. Il paraît que le plus grand centre commercial islandais a la forme d'un phallus. Voilà le décor est planté.

C'est un livre qui se lit en cinq minutes. Les dessins sont hyper simples, ce sont des bonhommes avec deux ronds et quatre traits (style maternelle) et des bulles. Ce qui ne me gêne pas plus que ça puisque c'est le style de dessin humoristique qui illustre les journaux ou magazines.

Mais, les sujets et la façon de les traiter m'ont plus choquée que fait rire. L'auteur traite de l'inceste, du sexisme, de l'homosexualité, de la religion, de la pédophilie. Ce sont des thèmes qui ne prêtent pas forcément à rire et qui supportent difficilement la dérision. De plus les textes sont souvent vulgaires, macabres, scatologiques. En choisissant ce livre, je voulais découvrir une autre forme d'humour mais ce n'est franchement pas mon univers.

Toutefois, les adeptes de Reiser ou du style hara-Kiri aiment beaucoup l'humour noir de ce jeune islandais. Alors si c'est votre cas, ne vous fiez pas à mon avis et vous apprécierez sûrement ce petit recueil.

Je remercie les Éditions Pocket et babelio pour ce partenariat dans le cadre de l'opération Masse critique. 

 



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Le journal de la veuve de Mick Jackson

29 Mars 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

veuveTitre : Le journal de la veuve

Auteur : Mick Jackson

Editeur : Christian Bourgois

Nombre de pages : 278

Date de parution : février 2012

 

Présentation de l'éditeur :

Une femme, veuve depuis peu, s'enfuit de sa demeure londonienne pour s'installer dans le Norfolk. Loin des quelques proches dont elle ne supportait plus la fausse complaisance, elle trouve refuge dans une petite maison de pêcheurs, et réapprend à vivre seule. Son quotidien se partage entre la rédaction d'un journal auquel elle confie ses réflexions, les excursions qu'elle entreprend sur la côte et les moments passés au pub, sous le regard étonné et réprobateur des habitants du village. À mesure qu'elle reprend le contrôle de sa vie, elle se penche sur son mariage : idyllique en apparence, il se révèle en réalité porteur de lourds secrets. Mick Jackson campe avec finesse et causticité ce personnage féminin complexe, résigné et rebelle, sombre et drôle.

Mon avis :

Lorsqu'on entre dans ce récit, les premières impressions sont la lenteur et l'ennui. Mais quoi de plus normal dans la vie d'une femme de soixante ans qui vient de perdre son mari, après quarante ans de mariage. Prise d'une envie de crier dans la nuit, elle fuit le Londres où ils habitaient et part vers le Norfolk. S'enterrer là où elle ne connaît personne? Ou retrouver les petits moments de l'existence qui font une vie?

"Nous devons décider de ce qui a du prix à nos yeux, de ce qui est sacré. Et nous y cramponner."

Au début du roman, je n'ai pas vraiment compris où m'entraînait le narrateur. Elle exprime pourtant bien les tracasseries de vieux couples, puis la douleur de l'absence, le manque brutal de motivation. Mais, ces errements, ces bribes de souvenir de jeunesse ne parviennent pas à captiver le lecteur.

Ce n'est qu'en fin de livre que l'on comprend ce que cherchait cette femme dans l'isolement et dans les marais. Elle avait besoin de ce retour sur elle-même pour faire son deuil. La narratrice est une personnalité à multiples facettes, tantôt abattue et solitaire sombrant dans l'alcool, tantôt drôle, inattendue et impertinente.

L'auteur a un style soutenu et son récit insère réalisme, humour et références culturelles.

Mais cette histoire convaincra difficilement les lecteurs non concernés par la situation de la narratrice.

Je remercie la Librairie ChapitreLogo d'Orléans pour le prêt de ce roman.

 

J'ai lu ce roman en même temps que Mimi. Retrouvez son avis sur  son blog.

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La retraite de l'aumônier, Muenier, Suel

20 Mars 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Documents

Ju_Alexis_Muenie_4df089151dc9b.jpgTitre : La retraite de l'aumônier

Peintre : Jules-Alexis Suel

Lecture de Lucien Suel

Editeur : Invenit

 

Présentation de l'éditeur :

Dans cette ronde narrative joliment menée par Lucien Suel, lʼécrivain a su capter lʼimportance originelle du regard dans la peinture, puissamment mise en oeuvre dans lʼoeuvre de Jules- Alexis Muenier, La Retraite de lʼaumônier (1887) exposée au musée de Cambrai. Lucien Suel nous livre tour à tour les points de vue de ceux qui donnent du sens à ce tableau. Nous nous surprenons à chercher le ciel dans le haut du tableau tandis que le regard divin se pose sur ce serviteur de Dieu. Les mots de Lucien Suel nous guident à travers le tableau et nous donnent à entendre le vieil abbé, absorbé par la contemplation du déroulement de sa vie. En se remémorant affectueusement le bréviaire que lui donna le modèle de son sujet, le peintre lui aussi prend la parole et donne par là-même toute son importance à la figure centrale de la toile et de son ekphrasis : le bréviaire, la sainteté des Ecritures et lʼimmuabilité des mots, ce lieu intime où lʼécrivain et le peintre se rencontrent.

Né en 1863 à Lyon, Jules-Alexis Meunier est admis à l’école des beaux-arts de Paris à 18 ans, où il devient l’élève de Jean-Léon Gérôme. Il se lie d’amitié avec le peintre Pascal Dagnan-Bouveret. En 1887, grâce au Bréviaire, il obtient une médaille au Salon des artistes français, dont il deviendra sociétaire. Comme nombre de peintres, il fait en 1887-1888 un voyage au Maroc et en Algérie. En 1891, La Leçon de catéchisme est exposée au musée du Luxembourg à Paris. En 1895, il est fait chevalier de la légion d’honneur et est nommé conservateur du musée municipal de Vesoul en 1895. Une grande partie de son œuvre fut réalisée à Couvelon, en Haute-Saône, où son beau-père a acheté le château de Gérôme. En 1920 il obtient la médaille d’or à l’exposition universelle. Surnommé « le petit maître de Couvelon », peintre de genre et éminent représentant du naturalisme, Jules Alexis Muenier a peint près de 200 toiles parmi lesquelles de nombreuses scènes de la vie quotidienne dans les campagnes haut-saônoises, aujourd’hui exposée à Vésoul et Besançon mais également Montréal, Sydney, Melbourne, et Philadelphie.

 

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Mon avis :

Je ne reviens pas sur la qualité de cette collection qui nous fait découvrir une oeuvre, un peintre et un auteur.

Lucien Suel fait intervenir trois narrateurs pour la lecture de ce tableau de Jules-Alexis Muenier. Vont se succéder le peintre, les pensées de l'aumônier et la voie divine.

Ces trois voix traduisent la simplicité, la maturité de l'aumônier au terme de sa vie. Le style et la construction du récit m'ont inspiré compassion et admiration pour ce vieil homme. Les traits de son visage fatigué, ses pensées simples et concrètes résument une vie de dévotion consacrée au bonheur des autres.

Il y a beaucoup de respect dans les sentiments du peintre, conscient de son succès et de ce qu'il doit à cet aumônier qui a posé pour lui et qui lui a légué son bréviaire.

L'auteur fait une très belle lecture de ce tableau. Il nous apaise grâce à des valeurs simples d'altruisme, de respect au milieu de ce jardin reposant, des rides et du regard fatigué de ce paisible aumônier.

 

J'ai acheté ce livre sur le stand Invenit au Salon du Livre de Paris et je remercie celle qui me l'a conseillé.

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My box de livres

9 Mars 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Humeur du jour

Depuis que je savais avoir gagné au concours de critiques du Prix Orange du Livre, j'attendais impatiemment mon lot : tous les livres lauréats des trois dernières années. Et mon carton est arrivé....

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Quand on ouvre la boîte, voici ce qu'on y trouve

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16 livres!  Je n'en ai jamais reçu autant en une seule fois!

Je suis sûre que vous pouvez imaginer mon bonheur.

En voici la liste :

Les femmes du braconnier de Claude Pujade- Renaud

Paris-Brest de Tanguy Viel

L'homme de profil même de face de Charly Delwart

Zola Jackson de Gilles Leroy

Un silence de clairière de David Thomas

Le traducteur amoureux de Jacques Gélat

Un dieu un animal de Jérôme Ferrari

Chouquette d'Emilie Frèche

Une lointaine arcadie de Jean-Marie Chevrier

Nous autres de Stéphane Audeguy

Olivier de Jérôme Garcin

Les villes assassines d'Alfred Alexandre

La patience des buffles sous la pluie de David Thomas

Ce que j'appelle oubli de Laurent Mauvignier

Les heures silencieuses de Gaëlle Josse

L'origine de la violence de Fabrice Humbert

 

Ce qui va me faire grossir ma PAL de 14, car j'avais déjà lu les deux premiers.

 

Je remercie Orange pour l'organisation de ce concours qui va me permettre de découvrir des auteurs qui me tentent depuis quelques temps et des titres que j'avais raté durant ces trois dernières années.

 

Si vous avez déjà lu certains livres de cette liste, laissez moi vos impressions. ceci me permettra de donner une priorité à certaines lectures.

 

 

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Un rideau d'arbres

24 Février 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Documents

arbresTitre : Un rideau d'arbres

Photographe : Richard Baron

Texte : Olivier de Solminihac

Editeur : Light Motiv

Date de parution : janvier 2012

 

Présentation de l'éditeur :

UN RIDEAU D'ARBRES est un dialogue innovant entre littérature et photographie. La matière du livre est créée pendant le temps de la transformation d'une cité minière: Libercourt. Richard Baron, photographe, rencontre les habitants, collecte leurs portraits, leurs attitudes, les images des lieux détruits ou rénovés. Il organise son reportage en séries. Olivier de Solminihac, écrivain, le  rejoint sans  se déplacer. Chez lui, il reçoit les images de Richard comme les cailloux d'un sentier à suivre. Olivier, sans venir à Libercourt, invente à chaque fois une fiction, une nouvelle littéraire.

 

Mon avis :

Voulez-vous traverser ce rideau d'arbres pour découvrir le dernier album paru chez Light Motiv? Vous y découvrirez de superbes photos réalisées par Richard Baron lors d'un reportage â la cité 1940 de Libercourt ( â côté de Lens dans le Pas de Calais). Les portraits sont éclatants de réalisme, de simplicité.

J'ai retrouvé les façades de briques typiques de la région, les terrils.

Le photographe parvient à proposer de belles photos de maisons en ruine, de ciels gris, de coins perdus dans la forêt parce que ses couleurs, ses contrastes sont éblouissants.

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Sur ce reportage photo, Olivier de Solminihac invente des histoires. Il n'est pas allé sur place, il se laisse emporter par les photographies. Ses nouvelles sont empreintes de solitude, d'exil, de nostalgie, de rêve. La première histoire nous mène en Pologne à la recherche de racines. La seconde histoire est touchante par la solitude d'une veuve qui "tient compagnie à la télévision" et peine sous "le poids de ce qui n'est plus là.". Parce que les phrases sont belles et les images poignantes. Ainsi, comment ne pas être touché par cette analogie entre ces jeux qui permettent d'attraper  des petites peluches grâce à une pince articulée  à la "Ducasse" (encore un mot qui me rappelle mon enfance, un mot du nord qui identifie les fêtes foraines des petites communes), et les pinces de pelleteuses qui détruisent les maisons, ou les pinces du patronat ou de Dieu qui s'abattent sur les ouvriers.

Il faut avouer que les histoires noircissent le décor avec la solitude de la retraite, les fantômes des jardins, le souvenir des massacres de la forêt. Mais, elles font réfléchir sur l'humanité qui se cache derrière le rideau.

" Il y a tellement de gens à qui il faut de l'or pour qu'ils voient des richesses. Je les plains."

" Et les histoires que j'entends me sont bien plus précieuses que tout l'or du monde."

 

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Richard Baron et Olivier de Solminihac nous ont enrichis de leurs photos et de leurs histoires. Ils nous ont fait découvrir comment une région sinistrée peut dévoiler des sourires, des écrins de verdure, des histoires d'hommes et de femmes qui tiennent à leurs rêves.

 

 

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Je remercie club libfly et les Éditions Light Motiv qui, chaque fois, me plonge avec nostalgie et bonheur dans la région de mon enfance. 

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Les médias en Méditerranée

11 Février 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Documents

medias.jpgTitre : Les médias en Méditérranée

Editeur : Actes Sud

Nombre de pages : 398

Date de parution : 6 avril 2009

 

 

Présentation de l'Editeur :

Depuis les années 1990, la généralisation des télévisions satellitaires et l'avènement d'Internet ont bouleversé le paysage médiatique et contribué à une modification profonde du rapport entre les populations et l'information. Désormais acteurs politiques à part entière, les médias entretiennent des liens à la fois conflictuels et ambigus avec les différents pouvoirs - politique, judiciaire, religieux, financier... - et pèsent directement sur les relations internationales. Interrogeant l'histoire, multipliant les approches et les exemples - de l'Italie au Liban, de l'analyse de la sociologie du Web au traitement médiatique du conflit israélo-palestinien -, sondant l'évolution des imaginaires politiques et religieux, cet ouvrage se propose de mieux situer la place et le rôle des médias dans les sociétés méditerranéennes, et singulièrement dans les pays arabes. Loin des amalgames et des raccourcis abusifs, ce livre offre des éléments précieux pour appréhender une réalité nouvelle et complexe.

 

Mon avis :

J'ai choisi ce livre pour ma fille qui fait des études en Communication et plus particulièrement sur les Médias. Je n'ai pu résister à l'envie de le parcourir et de vous en parler.

C'est un livre très complet qui donne la parole à plusieurs rédacteurs professionnels, professeurs, chercheurs et journalistes. Il y a en fin de chapitres toutes les notes nécessaires pour se reporter aux textes de référence.

Le livre présente tout d'abord le panorama des médias, notamment la presse, puis les chaînes de télé et explique la métamorphose avec l'avènement du Web et le développement des chaînes satellitaires. Les évènements, par exemple la guerre du Golfe ou les changements politiques font évoluer le paysage médiatique. Le besoin de propagande satellitaire ou la force du discours oral (par exemple pour Ben Laden) accentuent le développement des chaînes. Mais la télé reste aussi, notamment pour les jeunes, une source de divertissement.

Ensuite, chaque chapitre s'intéresse à des pays différents : le Liban marqué par sa force identitaire, le Maroc avec beaucoup de presse écrite, l'Algérie démarre avec un paysage réduit qui s'intensifie vers 1990, la Syrie très réticente à la circulation de l'information, l'Italie berlusconienne).

La dernière partie donne une perception plus internationale puis une vision française. On y retrouve les polémiques sur la publication des Versets sataniques ou de caricatures de Mahomet.

L'intérêt de cet ouvrage est d'avoir différents points de vue et de nombreux exemples. C'est une analyse sociétale autour des médias qui jouent un rôle inévitable dans la politique, la religion et les conflits mondiaux.

Je remercie club libfly et les Éditions Actes Sud pour ce partenariat dans le cadre de l'opération pave-elyzad-barzakh

 

N'oubliez pas, pour les lillois, la rencontre du lundi 13 février à 18h30 à l'Auditorium du Palais des Beaux-Arts de LILLE avec les Editeurs Barzakh, Elyzad et Actes Sud.

Pour ceux qui ne peuvent pas y assister, cette rencontre sera retransmise sur Libfly.TV le mercredi 15 janvier.

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Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle

28 Janvier 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Bande Dessinée

jerusalemTitre : Chroniques de Jérusalem

Auteur : Guy Delisle

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 334

Date de parution: novembre 2011

 

Présentation de l'Editeur :

Guy Delisle et sa famille s’installent pour une année à Jérusalem. Pas évident de se repérer dans cette ville aux multiples visages, animée par les passions et les conflits depuis près de 4000 ans. Au détour d’une ruelle, à la sortie d’un lieu saint, à la terrasse d’un café, le dessinateur laisse éclater des questions fondamentales et nous fait découvrir un Jérusalem comme on ne l’a jamais vu.

 

 

 

Mon avis :

J'avais beaucoup entendu parler de cette bande dessinée et le challenge Destination Israël fut l'occasion de découvrir ce graphiste canadien.
Ce qui m'a le plus frappé dans ce livre est l'opposition du côté naïf de l'auteur et la gravité des évènements. Derrière ce côté touriste et au travers d'anecdotes quotidiennes, l'auteur met en lumière l'absurdité, souvent inhumaine, de certains comportements.
Si Tahar Bekri ( voir ma chronique sur Salam Gaza) s'insurge, dénonce et s'émeut de l'oppression d'un peuple, Guy Delisle repère, au cours de ses ballades, les murs, les Check- points, les rues séparées par une ligne jaune, les colonies qui s'installent sur les territoires palestiniens, les bus différents pour juifs ou arabes.
Des petites phrases surviennent au milieu des conversations, et de manière très simple, des messages importants passent.
"Ils (les palestiniens) ont le droit de voter démocratiquement, mais ils doivent voter démocratiquement pour le parti qu'Israël à choisi."
" on paye les mêmes taxes qu'eux mais on n'y a pas droit." ceci en parlant de l'eau en été ou de la collecte des ordures.
Il ne fait que décrire ce qu'il vit, comme les contrôles à l'aéroport ou les différences de visite à Hébron suivant l'appartenance du guide.
Il "croque" ce qu'il voit, ce qui l'étonne. Il décrit les personnages qu'il rencontre, ne pose pas de jugements mais parvient parfaitement à les définir. Il sait saisir l'humour des situations, des réflexions.
"T'as vu même quand on est morts, ils nous surveillent."(croquis du mur autour du cimetière de Bethléem).
L'opération "plomb durci", attaque israélienne de décembre 2008, est relaté sans que l'auteur ne semble y prendre parti. Et pourtant, sa femme Nadège y travaille pour Médecins Sans Frontières. Car sa vision se veut  extérieure et très objective. Lors de son séjour, Guy s'efforce de parler avec toutes les personnes qu'il peut rencontrer, quelque soit leur religion.
Côté graphisme, je ne suis pas une spécialiste de la BD, mais le coup de crayon est très simple. J'aime beaucoup les petits croquis explicatifs, les petites flèches qui précisent. Là aussi, l'auteur souhaite avant tout éclairer le lecteur.
Il me semble que l'auteur a su utilisé l'art de la bande dessinée pour éclairer une situation géo-politique. Grâce à cet observateur candide, et malgré la légèreté du fond et de la forme, le lecteur perçoit très aisément la complexité et la gravité de la situation.

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Destination Israël

28 Janvier 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Challenges terminés

 


Suite à l'invitation d'Evertkhorus, voici le récit de mon voyage en Israël.


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Jérusalem : Le mur des lamentations, la promenade sur les remparts et le dôme du Rocher


 


Le premier livre que j'ai découvert est keret  . J'ai de suite pris goût à l'humour juif. Clique sur la couverture du livre pour rejoindre ma chronique.


 


Etgar Keret (en hébreu אתגר קרת), né le 20 août 1967 à Tel-Aviv, est un écrivain, scénariste de bande dessinée et cinéaste israëlien.  Son œuvre littéraire, principalement composée de nouvelles, est
publiée en français aux éditions Actes Sud.


 


Mon second livre m' a été conseillé par ma plus jeune fille.


gazaValérie Zénatti a écrit une histoire abordable par les adolescents qui éveille sur une situation. L'échange de correspondance
entre une jeune israëlienne et un palestinien permet de comprendre la vie quotidienne des habitants.


 


 





 


 


        salamTahar Bekri (extrait su site officiel de l'auteur)


 


  Poète né en 1951 à Gabès en Tunisie. Vit à Paris depuis 1976. Ecrit en français et en arabe. A publié une vingtaine
d'ouvrages ( poésie, essai, livre d'art ). . Tahar Bekri est considéré aujourd'hui comme l'une des voix importantes du Maghreb. Il est actuellement Maître de conférences à l'Université de Paris
X-Nanterre.


 





 


Salam sur GAZA


Dans les bras de la lumière
Et la beauté du monde

En dépit du plomb durci
A la barbe des sanguinaires

Ces flocons de neige
Pour apaiser la terre

Du feu qui lui brûle les lèvres
Pourquoi aimez-vous tant les cendres

Quand la braise nourrit mon cœur
Tendre dans les cours des rivières

Pourquoi détruisez-vous mon limon
Réduit en poussière

Le soleil vous fait-il peur
De voir votre propre ombre


Paris 30 décembre 2008
© Tahar BEKRI


         

jerusalemVoici une façon différente d'aborder ce pays. La bande
dessinée apporte un côté plus léger mais on comprend très vite que l'atmosphère est bien la même que dans le roman de Tahar Bekri.


 


 


Guy Delisle a tenu un blog pendant son séjour à Jérusalem. Pour le consulter, c'est ici.


 


 


 


 


 


 


 

  
Participer à ce challenge fut pour moi, l'occasion de redécouvrir un pays, car j'y étais allée dans les années 80. Grâce à desauteurs d'origine différente (juif, arabe, français, canadien), des formes différentes (nouvelles, roman, BD), j'ai pu comprendre et appréhender la vie quotidienne des habitants d'Israël.

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Ce type de challenge permet de donner un autre objectif à mes lectures, et je suis prête à repartir vers une autre
destination.

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