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Sur la route de Jostein

romans etrangers

Destination Finlande : Paasilinna

19 Janvier 2013 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

Destination-Finlande

 

Pour ce challenge Destination Finlande, j'ai longuement hésité sur le choix du livre. Suite aux différents conseils, je ne me suis pas aventurée en terre inconnue et j'ai préféré assurer avec un auteur que j'aime beaucoup, Arto Paasilinna.

 

 

 

paasilinna.jpgTitre : La forêt des renards pendus

Auteur : Arto Paasilinna

Editeur : Denoël

Nombre de pages : 261

Date de parution : 1994

 

Auteur :

Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942.
Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l'auteur d'une trentaine de romans dont Le Lièvre de Vatanen, Le Meunier hurlant « romans cultes dans les pays nordiques », La Douce Empoisonneuse et Petits suicides entre amis, tous traduits en plusieurs langues et publiés en France chez Denoël.

Présentation de l'éditeur :

Un gangster se réfugie au fin fond de la Laponie avec une énorme somme d'or qu'il vient de voler. Il est bientôt rejoint par un ex-major de l'armée, viré pour alcoolisme, et une Lapone nonagénaire enfuie d'un asile de vieillards. Dans la forêt des renards pendus, les trois compères vont résister à tout, aux complices du gangster bien décidés à récupérer leur part du magot autant qu'aux représentants de ce qu'il est convenu d'appeler «la civilisation»...

Mon avis:

  Voici un très bon Paasilinna que je conseille à ceux qui veulent découvrir l'auteur. 

Les trois personnages principaux sont truculents et attachants. Rafael Juntunen, le gangster désormais habitué au luxe a un esprit simple et décidé. Il est prêt à tout pour améliorer son confort sans se fatiguer et repousser ses deux anciens complices.

" Je trouve les emplois honnêtes détestables. C'est humiliant de bosser pour quelqu'un, qui vous paie, en plus. Et puis c'est fatigant. Les bourreaux de travail m'ont toujours fait pitié."

Le major Gabriel Amadéus Remes transforme sa réalité et profite au maximum des bienfaits de la vie. Il est travailleur et assumera ainsi toutes les corvées, même les plus délicates. Ses points faibles sont l'alcool et les femmes mais il a le coeur sur la main, surtout avec l'argent des autres.

La très touchante nonagénaire, Naska Mosnikoff, la plus vieille lapone skolte au monde, entend préserver jusqu'au bout  sa liberté. Energique et décidée malgré son âge avancé, elle échappe aux autorités qui veulent la contraindre à s'enfermer dans une maison de retraite. Malgré l'hostilité du climat, elle rejoint, avec son vieux chat, la cabane isolée de Rafael, sur le mont Kuopsu.

Au coeur de cette nature sauvage, ils vont progressivement installer tout le confort, y accueillir deux prostituées, y convaincre le soupçonneux garde-rennes Hurskainen et vivre agréablement grâce aux lingots d'or de Rafael.

La rencontre inattendue entre ces personnes très différentes réserve des moments croustillants, notamment celle de Naska et des deux jeunes prostituées.

" La vieille Skolte attela les femmes au travail. Elles n'étaient pas très habituées aux soins du ménage, mais Naska était un professeur patient. Elle les prit par la main pour leur montrer comment balayer le plancher, assaisonner les sauces et faire bouillir les draps dans la cuve du sauna avant de les laver. En retour, Agneta et Cristine peignaient soir et matin les cheveux de Naska. Elles lui apprirent à utiliser des bigoudis chauffants et à s'épiler les sourcils. Elles auraient aussi voulu lui laquer les ongles, mais la vieille Skolte refusa."

J'ai beaucoup aimé ce roman parce que l'auteur use de l'ironie, du loufoque sans jamais tomber dans l'excès. Les personnages sont d'une grande sensibilité et une belle amitié naît entre eux.

Ce sont trois marginaux qui, pourtant, donnent une belle leçon d'humanité.

Le caractère des personnages et l'extravagance des situations font très souvent sourire.

" Il essaya de se rappeler s'il pouvait être contraire à la loi de traîner des baignoires, en plein hiver, sur des terres dépendant de l'administration des forêts. Apparemment, les législateurs n'avaient pas envisagé pareille éventualité."

La nature est très présente avec le rude climat de la Laponie, la forêt mais aussi avec les animaux comme le renardeau, Cinq-cent-balles.

Ce livre est représentatif de l'univers d'Arto Paasilinna. Son style très fluide donne une grande simplicité à l'histoire qui coule ainsi facilement en apportant fraîcheur et plaisir.

 

 

 

New Pal 2013  challengeABC2013  nordique

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Les brumes du passé - Léonardo Padura

21 Novembre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

paduraTitre : Les brumes du passé

Auteur : Léonardo Padura

Editeur : Points

Nombre de pages : 434

Date de parution : janvier 2011 en version poche;  2006 chez Métailié

 

Présentation de l'éditeur :

Mario Conde a quitté la police. Il gagne sa vie en achetant et en vendant des livres anciens, puisque beaucoup de Cubains sont contraints de vendre leurs bibliothèques pour pouvoir manger. Le Conde a toujours suivi ses intuitions et, ce jour d'été 2003, en entrant dans cette extraordinaire bibliothèque oubliée depuis quarante ans, ce ne sont pas des trésors de bibliophilie ou des perspectives financières alléchantes pour lui et ses amis de toujours qu'il va découvrir mais une mystérieuse voix de femme qui l'envoûtera par-delà les années et l'amènera à découvrir les bas-fonds actuels de La Havane ainsi que le passé cruel que cachent les livres. Leonardo Padura nous parle ici de ce qu'est devenue Cuba, des désillusions des gens de sa génération, "des Martiens" pour les plus jeunes mieux adaptés à l'envahissement du marché en dollars, aux combines et à la débrouille.
Au-delà du roman noir et de l'enquête de Mario Conde, Leonardo Padura écrit un beau roman mélancolique sur la perte des illusions, l'amour des livres, de la culture, et de la poésie si populaire des boléros. On reste longtemps marqué par l'atmosphère de ces brumes cubaines.

Mon avis :

sur mon nouveau blog

 

 

 

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Taxi -Khaled Al Kamhissi - Challenge Destination Egypte

1 Septembre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

taxi.jpgTitre : Taxi

Auteur : Khaled Al Kamhissi

Editeur : Actes Sud

Nombre de pages : 189

Date de parution : 2009

 

Présentation de l'éditeur :

Portant chacune sur un aspect particulier de la vie sociale, économique ou politique en Egypte, ces cinquante-huit conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire composent un tableau fascinant de ce pays à un moment clé (avril 2005-mars 2006) du règne du président Hosni Moubarak - qui sollicitait alors un cinquième mandat. Tout y est : les difficultés quotidiennes de la grande majorité de la population, la corruption qui sévit à tous les échelons de l'administration, l'omniprésence et la brutalité des services de sécurité, le blocage du système politique, les humiliations sans fin que la population subit en silence, les ravages du capitalisme sauvage... Consignés en dialecte égyptien avec un humour décapant et une remarquable lucidité sociopolitique, ces échanges librement reconstitués par l'auteur, sinon inventés par lui, relèvent à la fois de la création littéraire et de l'enquête de terrain et frappent par leur ton prémonitoire : l'Egypte qui s'y dévoile a depuis connu une révolution dont la nécessité et l'imminence transparaissent à chaque page.

Mon avis :

Lors de son édition en France en 2009 chez Actes Sud, le livre de Khaled Al Khamissi a connu un vif succès et je n'avais pas eu le temps de le lire. Aussi, je profite de l'opportunité du challenge Destination Égypte pour rattraper cet oubli.

Et je ne le regrette pas car ces 58 conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire éclairent sur les conditions de vie en Égypte en 2005-2006 et annoncent inconsciemment les révolutions arabes récentes.

Qu'ils soient jeunes ou vieux, musulmans ou chrétiens, petits ou forts, ces chauffeurs mettent en évidence les aberrations des systèmes administratifs, la corruption et la misère montante des plus pauvres. Mais l'auteur salue ainsi leur courage car ils n'hésitent pas à faire plusieurs métiers, à travailler jour et nuit pour offrir le nécessaire à leur famille. Plus question de s'offrir un spectacle, une séance de cinéma, car même le lait, élément essentiel à la croissance est un produit de luxe.

Dans cette société familiale, la religion et l'éducation sont des priorités. Mais l'école publique est insuffisante et les familles doivent payer des cours particuliers supplémentaires.

" La question de l'enseignement et des cours particuliers est la priorité absolue des Égyptiens. Rien n'est aussi important, à part la course au pain quotidien."

Sous un style simple et un humour tendre ou caustique, l'auteur dénonce la politique de Moubarak, mais aussi l'attitude des américains.

"- Nous sommes devenus un peuple de mendiants. D'ailleurs, tu connais la dernière?

- Non

- Celui qui n'est pas allé en prison sous N'asservit n'ira jamais en prison, celui qui ne s'est pas enrichi sous Sadate ne s'enrichira jamais, et celui qui n'a pas mendié sous le règne de Moubarak ne mendiera jamais."

L'auteur réussit ainsi à nous éclairer sur la vie quotidienne en Égypte, tout en nous contant des tranches de vie emplies de peur, d'espoir, d'émotion et surtout d'humour.

 

Destination-Egypte

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En chute libre - Carl de Souza

10 Août 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

chuteTitre : En chute libre

Auteur : Carl de Souza

Editeur : Editions de l'Olivier

Nombre de pages : 314

Date de parution : janvier 2012

 

Présentation de l'éditeur :

Un grand roman mauricien. Jeremy Kumarsamy, champion de badminton de niveau international, revient, après une quinzaine d'années d'absence, dans son pays d'origine, ancienne colonie britannique présentant une étroite ressemblance avec l'île Maurice. Une chute aux lourdes conséquences pour lui (une amputation) et une grave atteinte à une autorité sportive (une agression physique) l'ont privé de sa liberté de mouvement. Reclus dans la maison et sous la "garde" de sa mère, il retrouve le fil de son enfance, de son adolescence, et surtout d'un parcours chaotique fait de drames familiaux, d'échecs personnels et de gloire sportive. Au gré de ses secrètes incursions dans la ville, il reconstitue tout ce qui a changé depuis l'indépendance : c'est durant son adolescence, au milieu des années 60, que son pays s'est libéré de la puissance coloniale anglaise, au prix d'émeutes qui ont coûté la vie à de nombreux insurgés et contre-insurgés (dont son propre père). Dans ce roman kaléidoscopique, se dessine le destin d'un jeune homme ambitieux, en butte aux turbulences politiques de son pays et aux enjeux d'un sport qui le dépassent. Proche d'écrivains comme V.S. Naipaul, Michael Ondaatje ou Rohinton Mistry (L'Equilibre du monde), Carl de Souza s'affirme ici comme l'un des grands romanciers francophones de l'Océan Indien.

Mon avis :

Jeremy a la forte ambition de devenir un champion de badminton. Mais sa manière d'y parvenir est assez chaotique peut-être, parce que comme moi en lisant ce livre, il n'identifie pas sa motivation.

Est-ce pour égaler ce père pourtant violent et haï dans cette île? Est-ce pour prendre une revanche sur les Anglais qui quittent l'île après tant d'années de colonisation? Est-ce pour retrouver cette passion du jeu que lui a communiqué sa tante?

Tout cela ne m'a pas semblé convaincant et je regrette que l'auteur n'ait pas davantage insisté sur les problèmes de l'Indépendance. Tout me semble superficiel. On assiste à des émeutes, on devine des rancunes mais rien ne semble décisif. De même, Jérémy rencontre des amies, mais aucune idylle ne semble le retenir. Ni Litchi, la jeune fille du camp Caroline qui l'entraîne dans les émeutes, ni Malliga qui le soutient à Londres, ni Heather, la joueuse anglaise ne parviennent pas vraiment à l'émouvoir.

De ce fait, je ne me suis pas du tout attachée aux personnages et je me suis ennuyée dans ce récit non linéaire qui vagabonde un peu trop. L'ambiance du livre est entachée par le mal être du personnage principal. J'ai trouvé le rythme assez lent me demandant où l'auteur voulait nous conduire. Sachant le narrateur handicapé, je m'attendais à lire une rage de vaincre, de revenir à sa passion du badminton puisée dans les méandres du passé et je n'ai trouvé que des errements superficiels d'un jeune homme qui ne se donne pas les moyens de son ambition.

J'ai lu ce livre dans le cadre du Prix Océans.

 

océans           

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Le journal de la veuve de Mick Jackson

29 Mars 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

veuveTitre : Le journal de la veuve

Auteur : Mick Jackson

Editeur : Christian Bourgois

Nombre de pages : 278

Date de parution : février 2012

 

Présentation de l'éditeur :

Une femme, veuve depuis peu, s'enfuit de sa demeure londonienne pour s'installer dans le Norfolk. Loin des quelques proches dont elle ne supportait plus la fausse complaisance, elle trouve refuge dans une petite maison de pêcheurs, et réapprend à vivre seule. Son quotidien se partage entre la rédaction d'un journal auquel elle confie ses réflexions, les excursions qu'elle entreprend sur la côte et les moments passés au pub, sous le regard étonné et réprobateur des habitants du village. À mesure qu'elle reprend le contrôle de sa vie, elle se penche sur son mariage : idyllique en apparence, il se révèle en réalité porteur de lourds secrets. Mick Jackson campe avec finesse et causticité ce personnage féminin complexe, résigné et rebelle, sombre et drôle.

Mon avis :

Lorsqu'on entre dans ce récit, les premières impressions sont la lenteur et l'ennui. Mais quoi de plus normal dans la vie d'une femme de soixante ans qui vient de perdre son mari, après quarante ans de mariage. Prise d'une envie de crier dans la nuit, elle fuit le Londres où ils habitaient et part vers le Norfolk. S'enterrer là où elle ne connaît personne? Ou retrouver les petits moments de l'existence qui font une vie?

"Nous devons décider de ce qui a du prix à nos yeux, de ce qui est sacré. Et nous y cramponner."

Au début du roman, je n'ai pas vraiment compris où m'entraînait le narrateur. Elle exprime pourtant bien les tracasseries de vieux couples, puis la douleur de l'absence, le manque brutal de motivation. Mais, ces errements, ces bribes de souvenir de jeunesse ne parviennent pas à captiver le lecteur.

Ce n'est qu'en fin de livre que l'on comprend ce que cherchait cette femme dans l'isolement et dans les marais. Elle avait besoin de ce retour sur elle-même pour faire son deuil. La narratrice est une personnalité à multiples facettes, tantôt abattue et solitaire sombrant dans l'alcool, tantôt drôle, inattendue et impertinente.

L'auteur a un style soutenu et son récit insère réalisme, humour et références culturelles.

Mais cette histoire convaincra difficilement les lecteurs non concernés par la situation de la narratrice.

Je remercie la Librairie ChapitreLogo d'Orléans pour le prêt de ce roman.

 

J'ai lu ce roman en même temps que Mimi. Retrouvez son avis sur  son blog.

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La passerelle

14 Janvier 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

passerelleTitre : La passerelle

Auteur : Lorrie Moore

Editeur : Points

Nombre de pages : 411

Date de parution : avril 2010  et avril 2011 chez Points

 

Résumé :

Tassie Keltjin est une vraie " country girl ". Elevée dans une ferme du Midwest, elle sait à peine ce qu'est un taxi et n'a jamais franchi les portes d'un restaurant chinois. Lorsqu'elle s'installe en ville pour ses études, elle plonge avec euphorie dans ce tourbillon de nouveautés : le campus, les cinémas, les longues discussions entre amis... Elle a vingt ans et tout à découvrir. Pour arrondir ses fins de mois, elle trouve un emploi de baby-sitter dans une famille atypique. Sarah dirige un restaurant à la mode; Ed a les cheveux longs, bien qu'il frôle la cinquantaine. Ils ont adopté une petite fille métisse, Mary-Emma. Rapidement, le tableau idyllique se décompose. Le couple est de plus en plus étrange et la couleur de peau de l'enfant confronte chaque jour Tassie au racisme ordinaire. Avec une vivacité d'esprit proche de Grace Paley, Lorrie Moore dresse le portrait d'une jeune femme et de ses grandes espérances. Mais derrière l'ironie qui vise juste, c'est aussi un livre bouleversant sur la fragilité des apparences et sur une Amérique en plein désenchantement.

 

Mon avis :

Je reste un peu partagée à la fin de cette lecture. Comme il s'agit d'une lecture commune, j'ai hâte de voir ce qu'en ont pensé mes co-lecteurs.

Le roman comprend nettement deux parties. La première moitié du livre nous permet d'apprendre à connaître les personnages, les lieux. Je reconnais que l'auteur analyse avec finesse les caractères mais j'avais hâte d'arriver à une action. L'ambiance est tendue, le lecteur sent l'imminence d'un évènement capital mais rien ne vient.

De plus, j'ai eu beaucoup de mal à me familiariser avec le ton du récit. L'auteur excelle effectivement dans un humour décalé qui me laisse perplexe. Des phrases étranges s'insèrent dans le récit et certaines réparties qui se veulent drôles m'ont paru plutôt douteuses.

Par exemple en parlant du gazage des poulets : " Ce serait l'expression de la judéité des poulets- à moins que ce ne soit l'expression de la pouléité des juifs."

Certains passages (toujours dans la première partie) ont des longueurs désagréables comme la restitution des rendez-vous du mercredi soir entre parents d'enfants multi-raciaux. L'évidence est que le malaise des enfants vient de l'ambiguïté des parents.

Par contre, ce roman aborde, quelquefois trop superficiellement des problèmes structurants de l'Amérique. Si la vie universitaire, le racisme et l'adoption illustrent la première partie, l'auteur évoque rapidement le terrorisme puis d'une manière assez cruelle l'engagement du pays en Afghanistan. Et la seconde partie du livre, oubliant malheureusement un peu la petite Mary-Emma , devient passionnante. Tassie, jeune fille naïve venue de sa campagne va grandir avec les dures épreuves de la vie d'adulte. Certains passages m'ont émue malgré, là encore cet humour narquois.

La passerelle est un roman d'apprentissage. Tassie, jeune fille naïve venue de sa campagne va grandir avec les dures épreuves de la vie d'adulte. Les gens qu'elles côtoient ne sont pas toujours ce qu'ils laissent paraître.

L'auteur a peut-être voulu traiter trop de sujets. Elle a sûrement trop détaillé sa première partie, lassant ainsi quelques lecteurs ce qui est dommage. L'ensemble est toutefois intéressant même si la forme (ton, construction) ne m'a pas séduite.

Voici un extrait qui résume mon impression sur ce roman:

" Elles (les tragédies) étaient l'expression d'une société aisée, emplies de désespoir et de vérité mais dénuée de toute fonction morale." " Il fallait des plaisanteries...Et afin d'apaiser la souffrance de l'auditeur, ils valaient mieux que les blagues soient drôles. Ce qui n'était pas toujours le cas."

Lecture commune logo avec Nin4

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La dernière séance

14 Novembre 2011 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

murtryTitre : La dernière séance

Auteur : Larry McMurtry

Editeur : Gallmeister

Nombre de pages : 322

Date de parution : 6 octobre 2011

Première publication en 1972

 

Résumé :

En 1951, la petite ville texane de Thalia, aux confins du désert, hésite entre un puritanisme de bon ton et la quête de plaisirs encore tabous Livrés à eux-mêmes, Duane et Sonny gagnent après le lycée de quoi animer leurs samedis soir grâce à de petits jobs sur la plateforme pétrolière. Du cinéma à la salle de billard, ils s'ennuient sec et attendent l'aventure en rêvant de filles belles comme le jour. Ils découvriront peu à peu que la vie n'a finalement rien d'un scénario hollywoodien. La dernière séance trace avec humour et tendresse le portrait universel d'une jeunesse qui se heurte pour la première fois à la vie. Ce classique de l'Ouest américain a été porté à l'écran par Peter Bogdanovich.

Mon avis :

A retrouver ici:

https://surlaroutedejostein.wordpress.com/2011/11/14/la-derniere-seance-larry-mcmurtry/

 

Je remercie  Logo Partenariats News Book et les Editions Gallmeister pour la découverte de ce roman.

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La couleur des sentiments

19 Décembre 2010 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

couleurTitre : La couleur des sentiments

Auteur : Kathryn Stockett

Editeur :Editions Jacque

Nombre de pages: 525

 

 

Auteur:

Kathryn Stockett a grandi à Jackson. Elle vit actuellement à Atlanta avec son mari et leur fille, et travaille à l'écriture de son deuxième roman.

Résumé:

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.

Mon avis:

Beaucoup d'américains des États du Sud du début du XX ème siècle ont été élevés par une bonne noire. Il en reste un attachement très fort, une reconnaissance, mais quelquefois contrarié par l'obéissance aux règles anti-intégrationnistes encore en vigueur mais surtout présentes dans les têtes jusqu'à la fin des années 60.

Tout noir qui enfreint les règles risque le renvoi, le lynchage et même la prison. Mais au-delà du racisme, il y a surtout à Jackson de mauvaises personnes comme Miss Hilly. Elle est raciste mais aussi jalouse, arrogante et méchante même envers de concitoyennes blanches comme Célia ou Skeeter. S'en prendre à elle expose à tous les risques.

Pourtant, après beaucoup d'hésitations, certaines bonnes osent témoigner de façon anonyme dans le livre de Skeeter. C'est une volonté forte de changer les choses, de venger leur amie et d'oser enfin dire la vérité.

Le style est très agréable avec l'alternance des différents points de vue et le ton spécifique aux bonnes empli d'humour et de tendresse. Elles sont entières, simples et naturelles. Elles  aussi, ont un mélange de sentiments envers leurs employeurs : crainte, respect, étonnement et moquerie.

Ce récit est vraiment une tranche de vie, de cette vie américaine des années soixante où l'intégration se fait très difficilement.

Kathryn Stockett nous livre ici un très bon  premier roman, vibrant et humain.

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Un soupçon légitime

2 Août 2010 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

soupcon.jpgTitre : Un soupçon légitime

Auteur : Stefan Zweig

Editeur : Grasset

Nombre de pages :139 (82 en VF)

Edition bilingue français/allemand

 

Résumé:

Un soupçon légitime est l'histoire d'un homme dont les passions vont causer le malheur de son entourage. John Limpley s'installe à la campagne avec son épouse et adopte un chien, Ponto. Adulé par son mare, l'animal se transforme en tyran... jusqu'au jour où il est délaissé, lorsque la jeune femme tombe enceinte. Le drame qui va suivre est d'autant plus tragique qu'il reste inexpliqué. Dans cette nouvelle angoissante, inédite en français, on retrouve le style inimitable de Zweig et sa finesse dans l'analyse psychologique. Comme dans Lettre d'une inconnue ou Le joueur d'échecs, il dépeint avec virtuosité les conséquences funestes de l'obsession et de la démesure des sentiments.

 

Mon avis:

Un style élaboré, un vocabulaire riche et une intrigue inattendue font de ce court roman une histoire remarquable.

L'analyse fine et détaillée des personnages est impeccable. L'auteur exprime à merveille le comportement et les pensées du chien, ce qui est inattendu et intéressant.

Il y a peu à découvrir au niveau de l'intrigue quand on a lu le résumé mais la richesse du livre est dans la description et l'analyse. Le soupçon légitime évoqué en début d'histoire ne s'adresse pas à qui l'on croit.

L'attrait du livre vient aussi du fait que c'est la voisine, un personnage neutre et annexe au drame qui s'exprime. Le lecteur a ainsi une vision impartiale des sentiments en présence.

C'est une histoire un peu cruelle mais superbement bien amenée. Elle explique aussi les dérives comportementales de certains animaux et la responsabilité de leur maître.

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Chez nous de Marilynne Robinson

25 Janvier 2010 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans étrangers

chez nous-copie-1Titre : Chez nous
Auteur : Marilynne Robinson
Editeur : Actes Sud
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Résumé :

A trente-huit ans, Glory Boughton est de retour à Gilead, où se meurt son père, le révérend qui a exercé dans cette petite ville de l'Iowa un ministère respecté.
Bientôt son frère, Jack - le fils prodigue de la famille, disparu depuis plus de vingt ans -, réapparaît lui aussi, en quête d'un refuge et dans l'espoir confus de se mettre en règle avec un passé tourmenté et douloureux. Celui qui fut jadis l'enfant insupportable de la vaste fratrie des Boughton est devenu un adulte instable, alcoolique et incapable de se fixer ou de conserver un emploi. Sans cesse en porte-à-faux avec le monde et avec les siens - notamment avec son père, homme de traditions dont il est, contre toute attente,
demeuré le fils préféré -, Jack, désormais détruit après avoir été un jeune homme brillant et séduisant tout autant que volage, va alors nouer avec sa soeur un lien d'une intensité incandescente et partager avec elle, dont la vie est également dans une impasse, le lourd secret de ses échecs.
Bouleversant et rédempteur, ce roman sur la famille, la fuite du temps et la succession des générations s'articule sur la triple question de l'amour, de la mort et de la foi. Peut-être plus accompli encore que Gilead, dont il constitue le prolongement, Chez nous, qui a obtenu le prestigieux UK Orange Prize 2009, est probablement le chef-d'oeuvre de Marilynne Robinson.

Mon avis :

C'est un livre que j'ai beaucoup aimé. Il faut au départ s'habituer au style car l'auteur passe facilement de l'évocation de souvenirs ou de pensées au récit de l'histoire actuelle.
Mais cette difficulté s'estompe facilement et le lecteur se laisse emporter par cette histoire très touchante.
Dans cette famille de presbytériens où règnent la compréhension, l'amour et le pardon,
les différents membres de la famille ont du mal à communiquer.
Jack, le fils rebelle, n'a jamais pu s'intégrer dans cette famille. Adolescent, il a enchaîné les bêtises afin d'attirer l'attention sur lui. Après de nombreux méfaits, il a quitté sa famille.
Quand, désespéré, il revient à la maison familiale, il y trouve sa jeune soeur, Glory, qui elle aussi vient de vivre une histoire amoureuse difficile et est revenue vivre auprès de son père souffrant.
Pourtant bien accueuilli, il va se heurter au jugement de son père et du voisin, tous deux révérends.
Ces rencontres sont l'occasion de subtiles conversations sur la prédestination, la grâce divine, l'âme, le destin, la souffrance, la rédemption. Le lecteur conçoit alors toute la difficulté de la réinsertion, d'une part à cause du jugement et de la méfiance des autres mais aussi et surtout à cause de la notion de culpabilité de Jack.

Cela donne un magnifique livre sur l'importance de la famille, avec tous ces petits riens qui réunissent (une virée en voiture, un bol de fraises, un bon repas avec une recette ancestrale) mais aussi tout l'amour, la présence et le soutien d'une fratrie. Le lien humain entre Glory et jack est très fort. Glory veut absolument aider ce frère désespéré. Elle ne voit en lui que sa bonne âme. Les dialogues sont difficiles mais on ressent tous les échanges de regard, de sourire, de larmes aussi.

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