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Sur la route de Jostein

romans francais

Le glacis - Monique Rivet

5 Octobre 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

glacisTitre : Le glacis

Auteur : Monique Rivet

Editeur : Métailié

Nombre de pages : 131

Date de parution : janvier 2012

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

Laure a vingt-cinq ans lorsqu'au milieu des années 50 elle est nommée, en pleine guerre d'Algérie, professeur de lettres dans un lycée d'une petite ville de l'Oranais. Cette guerre, qu'elle ne comprend pas, la désoriente, puis lui fait horreur. Elle ne comprend pas davantage la société qu'elle découvre, une société cloisonnée où les conformismes se côtoient en toute hostilité et qu'elle choque par la liberté de ses réactions ; d'emblée elle s'y fait des ennemis, au point de se mettre en danger.
«Le temps où j'ai habité la ville était le temps de la violence. Le temps de ce que le langage officiel déguisait d'un intitulé pudique : les "événements", quand l'homme de la rue disait : la guerre. La guerre d'Algérie.
Ce pays, je ne lui appartenais pas, je m'y trouvais par hasard. J'y étais de guingois avec tout, choses et gens, frappée d'une frilosité à fleur de peau, incapable d'adhérer à aucun des mouvements qui s'y affrontaient. Cette guerre, je ne la reconnaissais pas, elle n'était pas la mienne. Je la repoussais de toutes mes forces. Si j'avais eu à la faire... - s'il avait fallu que je la fasse, aurais-je pu la faire aux côtés des miens ?»
Monique Rivet avait l'âge de Laure quand elle a écrit ce texte, vibrant, sobre et vital, témoin de son regard de femme très jeune sur une guerre que personne ne voulait reconnaître. Ce roman n'a jamais été publié auparavant.

Mon avis :

Ce roman est un témoignage différent sur  la guerre d'Algérie. Différent parce que ces évènements, comme il convient de les appeler, sont vus au travers des  yeux d'une jeune française envoyée comme professeur de français en Algérie. Déjà confrontée aux arrestations de la seconde guerre mondiale, elle comprend difficilement les interventions de l'armée française. Par bravade ou naïveté, elle s'engage sur des propos indicibles en cette période ou dans des rencontres dangereuses. Elle ne comprend pas les rancunes entre les différentes communautés et refuse la discrétion ou le choix d'un camp.

L'intérêt du livre est de jouer sur la naïveté  du personnage et le style léger du livre pour mettre en évidence ce climat malsain de persécution, de peur de la délation, de racket. Grâce aux personnages secondaires, la réalité est bien présente avec ce couple de professeurs inquiété pour une ancienne appartenance au communisme, avec le groupe de Felipe, Hocine et Tayeb appartenant au FLN ou avec Elena cette jeune médecin française qui a choisi le camp des militaires français.

Si j'ai apprécié cette façon toute en nuances de décrire le climat de l'époque, je n'ai pas vraiment adhéré au personnage de Laure. Idéaliste, elle ne semble pas remarquer que son inconscience peut porter ombrage aux gens qui l'entourent. Sa naïveté et sa méconnaissance des règles et de l'histoire du pays frôle parfois la bêtise.

J'ai lu ce roman en tant que jurée du océans

 

plume

 

 

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Malta Hanina - Michel Rondeau

25 Juillet 2012 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

maltaTitre : Malta Hanina

Auteur : DanielRondeau

Editeur : Grasset

Nombre de pages : 304

Date de parution : janvier 2012

 

Présentation de l'éditeur :

"Le destin m'a jeté dans une carrière qui n'était pas la mienne. Accroché au rocher maltais par mes lettres de créance, ouvrier de la diplomatie française sur une île perdue au milieu des eaux et du temps, j'ai vu tourner les saisons, et fleurir trois fois les orangers. Il y a longtemps que j'attendais d'avoir ma chaise au banquet méditerranéen. Jusqu'alors je n'étais qu'un oiseau de passage. Malte a tenu ses promesses. J'ai été accueilli, d'une certaine façon délivré, admis dans la confidence d'une vieille civilisation."

Daniel Rondeau raconte ce pays qu'il a vécu : Malte la généreuse (Malta Hanina), la catholique, la sémitique, nombril de la mer entre Sicile et Libye, entre Orient et Occident. Mais il parle aussi de la France, de l'Europe tentée par l'oubli, de sa vie d'écrivain. Jamais il n'a taillé autant de facettes pour faire un portrait.

Mon avis :

Daniel Rondeau est un écrivain, journaliste qui a connu de nombreux métiers et vécu dans diverses régions et pays. Malta Hanina est un hommage à l'île de Malte où il a vécu heureux trois ans comme Ambassadeur de France.

Pendant ces années, il a appris à connaître cette région, mélange d'Afrique et d'Europe. Ce sont d'abord les Chevaliers de Malte qui vont donner la marque à cette île issue de la péninsule Italie, Sicile, Malte.

" La majorité des chevaliers avait été français, comme la plupart des maîtres importants ( l'Isle-Adam, le Résurrecteur; La Valette, le résistant; Rohan, le Réformateur), mais le passage des siècles et de nos amis anglais en avaient effacé les traces." Bonaparte choisit l'île comme point de départ de sa conquête d'Egypte et détrôna les Chevaliers. Mais la misère qui s'en suivit donna la place aux Anglais.

L'histoire est intéressante mais largement décousue car l'auteur peut passer des Chevaliers à Cousteau puis lancer une anecdote sur Umberto Eco ou Milan Kundera pour revenir à Saint Paul puis Bonaparte. Entre temps, il nous fait part de sa découverte actuelle de lieux ou personnages importants de l'île. Certes, il témoigne de sa passion et du grand bonheur qu'il a vécu durant ce séjour. Les derniers chapitres sur l'immigration clandestine ou la Libye sont plus concrets et suivis.

"Mais aujourd'hui, Ulysse est noir et meurt en mer dans le silence des vagues, après des mois d'attente et de détresse."

" La main lourde des dictateurs étouffe depuis longtemps les peuples arabes."

Malta Hanina est un hommage qui aurait pu être très intéressant si l'auteur s'était donné un fil conducteur ce qui aurait permis au lecteur de mieux partager cette rencontre avec Malte.

 

J'ai lu ce roman dans le cadre du jury France Océans.

 

océans    

  

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Comme une ombre

9 Novembre 2011 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

ombreTitre : Comme une ombre

Auteur : Michel Schneider

Editeur : Grasset

Nombre de pages : 336

Date de parution : 24 août 2011

 

Résumé :

« Il y a des histoires qui veulent être racontées. J'écris celle de mon frère comme en un miroir. Mais on ne sépare pas d'un miroir l'image qui s'y reflète. »

M.S.

Comme une ombre, c'est l'histoire de deux frères, Michel et Bernard, de leur enfance, de leur rivalité secrète, de leur impossible amour. D'effrayantes symétries entre les objets, les noms, les guerres, les amours. Des images obsédantes : une piscine municipale au bord de la Seine, un dancing, une caserne à Blida, un été espagnol... Et la mystérieuse L.

Michel Schneider raconte ici l'enquête du narrateur sur les traces de son double perdu : la guerre d'Algérie et ses douleurs, la musique et ses consolations, les femmes partagées — à commencer par la mère —, le désir, la trahison. Il explore le plus intime et confie la difficulté de grandir privé de son ombre.

Cherchant les mots qu'il ne lui a pas dits, et qui lui auraient ouvert ses bras, le survivant adresse au frère disparu une lettre qui ne lui parviendra pas.

Mon avis :

" Pour oublier, il faut que j'écrive."

Michel veut éclaircir cet amour qu'il avait pour son frère Bernard de huit ans son aîné. Car il fallait trouver sa place dans cette famille de 9 neuf enfants nés de quatre pères différents, tous élevés par Laurent, pianiste homosexuel, père de deux des enfants. Marthe, sa femme, est une mère volage, absente qui sombre dans l'alcool. Elle a toutefois une adoration particulière pour Bernard et Michel. Bernard adulait son père qu'il voyait comme un héros de la résistance. Michel adorait Bernard, ce demi-frère qui, pourtant, n'hésitait pas à le frapper et l'humilier.

Près de cinquante ans après, Michel reçoit une lettre de Luc, une femme sulfureuse, premier et seul véritable amour de Bernard. C'est le déclic pour enfin essayer de comprendre et d'écrire la vie de son frère. Il aimerait en savoir plus sur ce qui s'est passé en Algérie lorsque Bernard était dans les paras. Il aimerait comprendre pourquoi il a choisi de se suicider en 1976, par le biais de ces armes qu'ils aimaient tant.

L'auteur alterne les chapitres où Michel s'exprime à la première personne, ceux que je préfère parce qu'ils sont plus dynamiques et empreints de sentiments et les chapitres où sont racontés à la troisième personne les souvenirs des deux frères.

Est-ce parce que ces parties sont recréées à partir d'un lien évoqué précédemment, qu'elles m'ont parues plus ennuyeuses, détachées du réel?

En tout cas, j'ai beaucoup aimé le style très sensible qui effleure cette histoire, qui montre toute l'ambiguïté de la relation avec son frère.

"Michel, enfant, le suivait comme son ombre : faites qu'il m'aime."

Ce frère qu'il admire, qu'il imite jusqu'à aimer la même femme ou s'engager dans les parachutistes, qu'il renie aussi en prenant le contre pied sur L'Algérie.

Ce frère qu'il ne comprend pas quand il tombe dans l'alcool. Est-ce cet amour destructeur avec Luc, est-ce la nostalgie qu'il éprouve pour Laurent ou le souvenir des atrocités vécues et perpétrées en Algérie? Autant de questions que Michel se posent et qu'il voudrait évacuer en les écrivant dans ce roman.

Les personnages sont très fuyants. Il est difficile de les aimer. Sauf, peut-être Luc qui m'a émue par la fragilité de sa vieillesse, par le souvenir de cet amour ravageur, par son attachement aux Liaisons dangereuses.

J'ai choisi ce livre à ChapitreLogo, Librairie  d'Orléans dans le cadre de leur opération de prêts de livres pour une chronique, parce que MimiPinson me l'avait conseillé. N'hésitez pas à aller voir son avis sur son blog.

 

RL2011b  ce qui porte mon nombre de lectures à 31.

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Le pacte des vierges

20 Octobre 2011 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

viergesTitre : Le pacte des vierges

Auteur : Vanessa Schneider

Éditeur : Stock

Nombre de pages : 192

Date de parution : août 2011

 

Auteur :

Vanessa Schneider est journaliste politique. Auteur d’un essai et d’un film documentaire, elle a publié deux romans, La mère de ma mère et Tâche de ne pas devenir folle, parus chez Stock.

 

 

 

Résumé :

2008, Gloucester, États-Unis. Dix-sept jeunes filles d’un même lycée tombent enceintes en même temps. Stupeur dans la ville. La rumeur publique fait état d’un pacte. Les gamines se seraient concertées pour faire et élever leurs enfants ensemble. Qu’en est-il exactement ? 
À une journaliste venue enquêter sur l’événement, quatre d’entre elles se racontent. 
Il y a Lana, la meneuse, dont le père a disparu un jour, la laissant seule avec une mère devenue mutique, abrutie de médicaments, d’alcool et de télévision. Placée un temps dans un foyer, elle y a rencontré Cindy dont la mère a quitté le domicile pour s’enfuir avec le plombier et que sa tante a ensuite recueillie. Il y a Sue, coincée entre ses parents puritains et bien-pensants, et Kylie, qui partage la passion de sa mère pour Kylie Minogue et enchaîne les concours de Mini-Miss depuis toute petite. 
Leurs voix se succèdent pour évoquer le « groupe », leurs relations, le mystère de leur grossesse multiple et ce pacte, qui leur permet d’échapper au quotidien d’une ville portuaire où le chômage et ses conséquences déciment les familles et laissent peu de place à un avenir meilleur. 
À travers la narration croisée de ces quatre vies d’adolescentes, à travers le récit de leur enfance et de leurs blessures, de leurs espoirs et de leurs bonheurs, Vanessa Schneider nous raconte avec tendresse et non sans humour une certaine société américaine entre désoeuvrement, rêves et réalité.

Mon avis :

A travers ces récits croisés, Vanessa Schneider parvient à dévoiler toute la complexité de l'adolescence. des jeunes filles encore naïves, attachées à leur communauté d'amies mais qui ont encore besoin de l'amour de leurs parents quels qu'ils soient et appellent au secours dans leurs discours.

Mais déjà, dans leur langage, le sens de la responsabilité, le jugement des actes apparaissent. Peut-être, à cause de ces grossesses, leurs mentalités évoluent rapidement vers une prise de conscience. Bien vite, elles savent que le pacte passé n'est pas réaliste. Comment ces jeunes filles pourraient-elles élever ensemble leurs bébés? Elles comprennent, peut-être encore inconsciemment, que le temps de la drogue, de l'alcool et de la légèreté est révolu.

C'est surtout cette évolution que j'ai apprécié, ainsi que les quelques passages émouvants sur des souvenirs de jeunesse (un voyage en famille, l'arrivée d'un colis, la visite en prison).

L'auteur tenait à montrer l'ambiguïté de Lana, la meneuse du groupe. Sa violence n'est que la conséquence de l'éducation de ses parents démissionnaires. Mais, très vite, on comprend qu'elle est une fille fragile et sensible.

Par contre, je n'apprécie pas le style lié à la restitution d'interviews qui donne de la froideur au récit. Je conçois toutefois qu'il est en parfaite adéquation avec l'enquête journalistique et le langage des adolescents.

C'est un livre témoignage d'une société, d'une ville américaine où règne l'ennui, avec les évocations sociétales de racisme, de chômage, de délinquance. On retrouve le puritanisme américain avec les familles très croyantes et les établissements scolaires qui refusent la distribution de préservatifs et de contraceptifs.

Il est vrai que ce roman donne envie de savoir ce que sont devenues ces jeunes filles trois ans après et ce qui a évolué dans les écoles américaines depuis cet évènement.

 

J'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération "Les matchs de la Rentrée littéraire" de Price Minister et je les remercie pour cet envoi.

 

 

RL2011b     rentree litterairePM

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Le ravissement de Britney Spears

18 Octobre 2011 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

rolinTitre : Le ravissement de Britney Spears

Auteur : Jean Rolin

Editeur : P.O.L.

Nombre de pages : 284

Date de parution : août 2011

 

Résumé :

Faut-il prendre au sérieux les menaces d'enlèvement qu'un groupuscule islamiste fait peser sur Britney Spears ? Les services français (les meilleurs du monde) pensent que oui. Certes, l'agent qu'ils enverront à Los Angeles pour suivre cette affaire présente quelques handicaps - il ne sait pas conduire, fume dans les lieux publics, ignore presque tout du show-business et manifeste une tendance à la mélancolie -, mais il fera de son mieux pour les surmonter, consultant sans se lasser les sites spécialisés, s'accointant avec des paparazzis, fréquentant les boutiques de Rodeo Drive ou les bars de Sunset Boulevard, jusqu'à devenir à son tour un spécialiste incontesté tant de Britney elle-même que des transports en commun de Los Angeles. II n'en échouera pas moins dans sa mission, et c'est de son exil au Tadjikistan, près de la frontière chinoise, qu'il nous adresse ce récit désabusé de ses mésaventures en Californie.

Mon avis :

Ce livre fut pour moi une agréable pause dans mes lectures de la rentrée littéraire grâce au ton enjoué et à l'ironie de l'auteur. On imagine aisément le style de l'histoire lorsque l'on sait que le narrateur est envoyé par les Services Secrets afin de déjouer un enlèvement de Britney Spears par des terroristes musulmans. D'autant plus que cette mission débute le 1er avril.

" A quiconque mettrait en doute à priori la vraisemblance des menaces d'enlèvement ou d'assassinat pesant sur la chanteuse, j'objecterai qu'il n'est guère plus absurde- et plutôt plus facile- de s'en prendre à Britney Spears qu'aux tours du Word Trade Center, et que la valeur symbolique de la première, aux yeux du public américain, est à peine moindre que celle des secondes."

Je ne suis pas fan de Britney Spears, ni de sa concurrente Lindsay Lohan, qui semble toutefois attirer davantage notre espion français et je dois dire que le fond de cette histoire m'a peu intéressée. Même, si toutefois, le regard lucide et ironique sur ces starlettes capricieuses et défraîchies par leurs frasques et le récit épique de certaines scènes de paparazzi sont intéressants.

D'ailleurs, l'auteur a une vision éclairée et légèrement moqueuse de la press people et des femmes qui la font vivre, de l'art (Mark Rothko)ou des services secrets. C'est ce qui fait vraiment le charme du livre.

"Qui lit la press people ou regarde les émissions de téléréalité? fulminait-il, les femmes!"" Et pourquoi? Parce qu'elles se détestent entre elles, et qu'elles n'aiment rien tant que de voir souffrir d'autres femmes!"

Cette lecture est aussi l'occasion de découvrir Los Angeles. Mais là, j'avoue que ne connaissant pas cette ville, je me suis perdue sur les traces de mon guide qui arpente les lignes de bus et les rues et je me suis essoufflée et lassée derrière son rythme effréné. Par contre, j'ai apprécié sa vision des bâtiments, notamment des hôtels et magasins de stars et ses allusions aux SDF et squatters qui traînent dans les coins sombres. On peut apprécier aussi le récit de l'enterrement de Daryl Gates, ancien chef de la police de Los Angeles.

" Los Angeles, la ville où l'on brûle, où l'on flambe..."

Les personnages sont étonnants, que ce soit le narrateur, son ami espion du KGB Shotemur ou  Fuck, son contact à Los Angeles.

C'est donc un livre à lire pour sa forme et ses anecdotes, mais pas pour le vie de Britney Spears, dont on parle peu, heureusement.

 

RL2011b  ce qui porte mon nombre de romans lus à 24

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En finit-on jamais d'aimer ceux que l'on aime

21 Juin 2011 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

moriconiTitre : En finit-on jamais d'aimer ceux que l'on aime

Auteur : Martine Moriconi

Editeur : Robert Laffont

Nombre de pages : 195

Date de parution : mai 2011

 

Résumé :

Pauline et Guillaume, Elisabeth et Pierre, Benjamin, Olivier... Dans les années 80, ils étaient inséparables, de ces amitiés qui se nouent à l'aube de l'âge adulte et qui durent pour la vie, même quand la vie nous fait prendre des chemins différents. Vingt-cinq ans plus tard, à l'heure des premiers bilans de la cinquantaine, Pierre et Elisabeth ne savent plus pourquoi ils sont toujours ensemble ; Benjamin papillonne comme un éternel ado, Olivier tire sa révérence. Et Pauline... Contre toute attente, Pauline retrouve Guillaume, le seul à s'être clairement éloigné de tous les autres. Ils ont tellement joué « je t'aime moi non plus » tous les deux, et ça s'est si mal terminé... Espérer contre l'évidence, les statistiques, les leçons du passé, bref la raison la plus élémentaire, que vingt-cinq ans plus tard les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets : Pauline a conscience de son inconscience. Mais le coeur a ses raisons, etc. Le coeur a ses secrets, aussi : pour ne pas réveiller les démons du passé, Guillaume demande à Pauline de taire leur histoire. Vouloir garder un tel secret devant ceux qui vous connaissent le mieux et qui vous ont ramassée en miettes après la rupture, c'est une gageure. Presque aussi risquée que de ne pas tourner le dos à cette deuxième chance que lui offre la vie. D'ailleurs, Pauline n'est plus si sûre de vouloir la saisir...Avec comme fil rouge l'histoire de Pauline et Guillaume, un « Vincent, François, Paul et les autres » d'aujourd'hui qui nous tend, avec humour et tendresse, le miroir de toute une génération.

Mon avis :

Martine Moriconi écrit ici un roman doux-amer sur l'amitié, le couple et les aléas de la vie. on retrouve une bande de copains vingt ans après. Le temps a marqué les personnes et les couples ont évolué suite aux  situations sociales difficiles, au chômage,à  la difficulté de travailler dans le monde des médias. C'est un monde difficile parce qu'il faut toujours trouver de nouvelles idées, gagner à l'audimat, éviter si possible de faire de mauvaises séries. Martine Moriconi nous parle ici en professionnel puisqu'elle est scénariste pour le cinéma et la télévision. Elle a un regard lucide sur ce milieu.

Mais, c'est avant tout un roman sur l'amitié, ses mensonges, ses tromperies et la difficulté de faire durer un couple. Parce que l'on ne réagit pas de la même manière à vingt ans qu'à cinquante, il faut passer de l'espoir de rencontrer l'homme de sa vie à la résignation, la seule volonté de se faire plaisir et d'éviter la solitude.

Le style littéraire est moderne et dynamique. La construction en paragraphes alternant les situations actuelles et les actes de jeunesse permet de distiller habilement des éléments d'analyse, de compréhension.

J'ai aimé le ton et l'atmosphère car Pauline analyse avec beaucoup de délicatesse la situation. elle constate plus qu'elle ne regrette, ce qui en fait un livre positif.

J'ai ainsi repensé au livre de David  Foenkinos La délicatesse. Même si il n'y a pas le même degré de finesse, on en retrouve l'esprit d'équilibre entre amour et amitié.

Martine Moriconi a réussi un livre agréable à lire , lucide. Un premier roman réussi.

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Céline's band

30 Mai 2011 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

celineTitre : Céline's band

Auteur : Alexis Salatko

Editeur : Robert Laffont

Nombre de pages : 202

Date de parution :  mai 2011

 

 

 

Résumé :

De 1945 à 1950, Louis-Ferdinand Céline vit en exil au Danemark. Après avoir passé un an dans les geôles danoises, il loge dans un taudis, en résidence surveillée, sur les bords de la Baltique. C'est là que Marcel Aymé, porté par le succès de Clérambard représenté à Copenhague, vient retrouver son vieil ami. Marcel, le témoin muet des bons et des mauvais jours, celui qui n’a jamais lâché Louis malgré leur différend et les assauts de la meute, est le seul à lui arracher un semblant de repentir, tout là-bas, au coeur de la nuit nordique. Céline est l’auteur français le plus lu et le plus commenté au monde. Comment expliquer ce mélange de fascination et de répulsion qu’il inspire encore aujourd’hui ? Cette amitié de trente ans entre Marcel et Louis est le prétexte pour explorer la vie de Céline, cerner sa personnalité dans toute sa complexité, bref tenter de percer son mystère, à travers une fiction inspirée des séquences les plus marquantes de sa vie.

Mon avis :

A l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Céline, beaucoup de témoignages paraissent chez nos libraires.

Je viens d'avoir l'occasion de lire Céline's band d'Alexis Salatko, grâce à NewsBook.

Salatko est parvenu à faire de cette fiction biographique un roman très vivant.

Pour cela, il a pris le biais d'un récit fait par Max Hardelot à un jeune homme un peu perdu qui vient de quitter son domicile familial. Une grande amitié naît entre ces deux personnages.

Max fait ainsi partie de la bande à Céline composée de le Vigan l'acteur, du peintre Gen Paul et de Marcel Aymé.

Max explore surtout l'amitié inconditionnelle que voue Marcel Aymé à Céline. Bien sûr, il évoque l'antisémitisme de Céline, qui a peut-être commencé lorsque sa femme, l'américaine Elisabeth Craig, inspiratrice du Voyage au bout de la nuit, l'a quitté pour un juif américain.

Les pamphlets antisémites de Céline publiés en 1937 et 1938, ont sali sa réputation de grand écrivain. Accusé de collaboration avec les allemands, réfugié à Sigmaringen, repère des décideurs allemands et vichyistes, puis accusé et enfermé dans une prison danoise, Céline vieillit et s'aigrit de plus en plus. Il est un peu jaloux de la réussite de son ami Marcel Aymé, et réciproquement. L'un ayant le génie et l'autre le succès. Pourtant seul, Marcel Aymé,  le soutiendra jusqu'au bout. Quand il est amnistié sous son nom de naissance, Destouches, Céline rentre en France, continue à écrire mais vit en reclus avec ses nombreux animaux.

Alexis Salatko écrit un roman captivant, s'abstenant de toute calomnie ou bienveillance. Le lecteur comprend surtout la volonté de Marcel Aymé à défendre cet ami, cet auteur génial qui a toutefois une verve agressive et un comportement rebelle.

L'auteur se plait à rappeler que le médecin Destouches a toujours exercé son métier avec compassion, tel le "Petit Père des Pauvres" et que si son antisémitisme était affiché, il ne l'aurait jamais poussé à dénoncer qui que ce soit.

  Tant d'autres personnalités de l'époque ont choisi la mauvaise route, ce qui ne remet pas en cause le talent de l'écrivain.

L'histoire parallèle de Max Hardelot, déstabilisé depuis l'accident de son fils, est très touchante et ajoute à cette fiction une dimension émotive et humaine.

C'est donc un livre très agréable qui permet de découvrir la vie de cet auteur souvent critiqué mais qui est une référence scolaire des lycées.

Je remercie les ROBERTLAFFONT.jpg et Logo-Partenariats-News-Book.png (lien NewsBook) pour la découverte de ce livre. Il faut noter la superbe photo en bandeau qui représente Louis Ferdinand Céline et Marcel Aymé assis au pied d'un arbre.

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La nostalgie de l'ange

15 Novembre 2010 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

seboldTitre : La nostalgie de l'ange

Auteur: Alice Sebold

Editeur: J'ai lu

Nombre de pages:347

 

 

Résumé:

Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie.Assassinée à l'âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973. « Mon prof préféré était celui de sciences naturelles, Mr. Botte, qui aimait faire danser les grenouilles et les écrevisses à disséquer dans leur bocal paraffiné, comme pour leur rendre vie. Ce n'est pas Mr. Botte qui m'a tuée, au fait. Et ne vous imaginez pas que tous ceux que vous allez croiser ici sont suspects. C'est bien ça le problème. On n'est jamais sûr de rien... C'est un voisin qui m'a tuée. »

Susie est au Ciel, et pourtant son aventure ne fait que commencer...

Mon avis:

Le sujet du livre, la disparition et le meurtre d'une petite fille, est évidemment très émouvant. Mais l'auteur a choisi de faire raconter cet évènement par la victime elle-même, depuis le paradis.

Ce biais est en effet original et donne toute sa dimension au livre. Ce point de vue permet ainsi d'avoir plus de détachement par rapport à cet acte barbare et d'éviter le mélodramatique.Toutefois le récit est très pudique et moins profond. La jeune fille nous donne aussi une version un peu idyllique du paradis.

J'ai aussi trouvé intéressant de suivre la manière de réagir des différents membres de la famille et amis.Dans ce cas, il est difficile d'affronter la réalité et chacun assume le drame comme il peut.

Le père, inconsolable, s'investit dans l'enquête. Il veut trouver le coupable.

La mère fuit dans une relation adultère. Il lui faut trouver une issue vers le bonheur.

La soeur est sûrement le personnage le plus adulte de l'histoire puisqu'elle à la fois le besoin de trouver la vérité, de venger sa soeur qui lui manque énormément mais aussi celui  de vivre sa vie.

Le petit frère, que tout le monde veut protéger, même Susie depuis le paradis, se réfugie auprès de son père.

Quant à la grand-mère, c'est l'occasion pour elle de reprendre pied dans le concret, d'abandonner sa frivolité au profit de cette famille en détresse.

Puis, il y a les réactions des amis, des voisins et surtout celui de Ruth, une jeune fille un peu médium qui ressent les choses différemment.

Le style littéraire est classique et sobre. Je n'ai pas été insensible à l'histoire mais j'aurais aimé une version plus intense.

 

J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune initié par Leyla.

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L'homme qui voulait être heureux

8 Juin 2010 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

gounelleTitre : L'homme qui voulait être heureux

Auteur : Laurent Gounelle

Éditeur : Pocket

Mon avis:

http://surlaroutedejostein.wordpress.com/2010/06/08/lhomme-qui-voulait-etre-heureux-laurent-gounelle/

 

 

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La peine du menuisier de Marie Le Gall

31 Mai 2010 , Rédigé par Jostein Publié dans #Romans français

legallTitre : La peine du menuisier

Auteur : Marie Le Gall

Éditeur : Phebus


 

 

 

Auteur :

Marie Le Gall est née en 1955 à Brest. Elle est professeure de lettres à Fontainebleau. La Peine du Menuisier est son premier roman.


Résumé :

«J'étais la fille du Menuisier, je le savais. Jeanne, malgré sa folie, était plus normale que moi, côté filiation. Elle le nommait. Pas moi. Nous n'avions pas de mots l'un pour l'autre. Notre lien était un long fil continu que personne ne pouvait voir. Aucun mot ne s'y accrochait comme le font les notes sur une portée. Nous-mêmes en étions ignorants, seulement soupçonneux de sa présence tenace.»

Son père est une ombre solitaire, sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit dans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain ? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil ? Elle aimerait poser des questions, mais on est taiseux dans le Finistère. Livrée à ses doutes et à ses intuitions, elle écoute les murmures, rassemble les bribes, tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance, mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité.

D'une plume à la fois vibrante et pudique. Marie Le Gall décrypte l'échec d une relation père-fille et touche au coeur.


Mon avis :

Quelle étrange relation entre ce père "Le Menuisier" et sa plus jeune fille. Est-ce l'écart d'âge (plus de 50 ans) ou les difficultés liées à cette fille aînée, Jeanne, prise de crises de folie? Y-a-til d'autres secrets de famille qui rendent le père si taciturne, si absent? Il n'arrive pas à communiquer avec sa fille. Elle en a peur et refuse les plus petites opportunités de l'entendre.

L'atmosphère de ce livre est lourde et sinistre. L'auteur est obnubilée par la mort, par "ces encadrés", ces portraits de membres de la famille décédés jeunes ou tragiquement. La proximité du cimetière et l'ambiance bretonne avec l'évocation des "amaons" (âmes des trépassés) ajoutent une dimension morbide au récit .

Par contre, j'ai apprécié la nostalgie de la vie dans les petits villages et des habitudes des années soixante (landi, chocorêve, messe de minuit, le formica...).

L'auteur sait conserver l'intérêt du lecteur car Marie continue à chercher ce qui rend sa famille si ténébreuse. Elle va déterrer tous les secrets de famille mais elle et sa famille ne seront en paix tant qu'elle n'aura pas libéré une âme qui les tourmente.

Le style est sobre et pudique, la progression du livre est lente mais l'intérêt du lecteur est maintenu jusqu'à l'évocation du terrible secret familial.

 

Ce livre fait partie de la sélection 2010 du Prix des Lecteurs du télégramme.


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